Mercredi 6 novembre 2019
Notre-Dame de Paris. Les restaurateurs et la science entre le XIXe et le XXIe siècle
Une conférence d’Arnaud Timbert

Au XIXe siècle, les modalités techniques et déontologiques de la restauration devaient être inventées. Dès 1843 Viollet-le-Duc et Lassus rédigèrent un texte revendiquant un recours aux méthodes traditionnelles pour la restauration de Notre-Dame.
Pourtant, très vite, des matériaux (fer, briques hourdées) et des techniques (silicatisation) furent employés ; les savoirs et les sciences du XIXe siècle étaient ainsi convoqués pour restaurer la cathédrale médiévale.
Cette propension des restaurateurs à agir avec des moyens étrangers aux bâtisseurs du Moyen Âge ne cessera d’augmenter par la suite avec, notamment, l’usage du sablage des parements extérieurs, avec le nettoyage au laser, avec l’invention de nouvelles techniques de mise en œuvre des crêtes de faîtage, ou encore avec l’emploi du scanner-laser, etc.
À chaque fois se pose la question de la fidélité aux méthodes médiévales - et donc à leurs traces -, autant qu’aujourd’hui se pose la question de la fidélité à l’œuvre de Viollet-le-Duc.
Arnaud Timbert est professeur des universités en Histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Picardie Jules-Verne. Ses recherches portent sur les réalités matérielles du chantier de construction et de restauration.
Il a signé ou dirigé une dizaine d’ouvrages sur les matériaux et les techniques de construction aux XIIe et XIIIe siècles (abbatiale de Vézelay, cathédrales de Chartres et de Noyon) ainsi que sur les chantiers de restauration de l’archi-tecte Viollet-le-Duc (châteaux de Pierrefonds et de Pupetières).
