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Journée à Gand

27 avril 2010

Gand, l'avant-gardiste au confluent de la Lys et de l'Escaut

Gand fut un grand centre, notamment du textile, dès le XIIe siècle et capitale de la Flandre.  Au XVe siècle, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, reprend le pouvoir sur le comté de Flandre.

Au fil des siècles, les Gantois restent fidèles à leur réputation d’obstinés et de têtus.  Ils se révoltent même contre leur propre prince héritier, l’empereur Charles Quint, né dans leurs murs (24 février 1500-1558).

Alors que Bruges se contente de gothique et de Renaissance, qu’Anvers étale son vernis XVIe siècle et baroque, Gand prend ses aises avec tous les styles.  Elle juxtapose allègrement le rococo et le roman, la forteresse médiévale avec la manufacture du XIXe siècle, et le high-tech avec la maison au pignon de bois.

Mais Gand, ce sont aussi des habitants chaleureux et bons vivants, parmi lesquels sont nés quelques génies contemporains tels que Horta ou Maeterlinck.  Ses 20.000 étudiants contribuent à répandre une ambiance décontractée.  La ville se goûte pleinement lors des fêtes de juillet.

Gand

 

Près du quai aux Herbes se dressent les trois grandes tours du beffroi, de Saint-Bavon et de Saint-Nicolas, les maisons de corporations, la halle aux Draps.

Au coeur historique :
L'Adoration de l'Agneau mystique ou le polyptyque des frères Van Eyck à la cathédrale de Saint-Bavon

Gand Cathédrale Saint-Bavon

Statue Hubert et Jan Van Eyck, photo Agnes Réant

La statue représentant Hubert et Jan Van Eyck, réalisée en bronze, a été inaugurée en 1913.
Le sculpteur Georges Verbanck (1881-1961), a représenté les deux frères en tenue vestimenaire de leur époque, assis côte à côte, sur un trône, encadrés entre deux groupes d'hommes, de femmes et d'enfants qui se pressent sur les degrés du trône, traînant des guirlandes de fleurs en témoignage de leur admiration.

La Cathédrale Saint-Bavon est l'écrin du chef-d'oeuvre absolu de peinture, le retable de l'Adoration de l'Agneau mystique. Véritable bible picturale, le polyptyque est une des merveilles de la peinture occidentale, par son utilisation de la perspective, du détail réaliste et de couleurs vive adoucies par la lumière.
Ayant mis leur génie artistique au service du christianisme, les frères Van Eyck ont atteint au sommet du sublime.

Van Eyck, Le retable de l'Adoration mystique, 1432 Van Eyck L'Adoration de l'Agneau mystique, 1432 "Hubert van Eyck, le plus grand peintre jamais vu, commença cette oeuvre ; son frère Jan, deuxième grand peintre acheva cette lourde tâche à la demande de Joos Vijd.  L'oeuvre est confiée à vos bons soins le 6 mai 1432.  Contemplez ce qu'ils ont réalisé". (Traduction libre du quatrain sur le polyptyque)



En bordure de la ville : le Citadelpark, quartier des Arts

Le Musée municipal d'art contemporain, le S.M.A.K. Stedelijk Museum voor Actuele Kunst
héberge tous les mouvements d'art de 1945 jusqu'à ce jour : Cobra, Pop Art et Minimal Art. Sur le toit de la façade, vous pouvez découvrir en levant la tête :


Jan Fabre Le mesureur des nuages
L'homme qui mesure les nuages de Jan Fabre
s'inspire du film Birdman of Alcatraz (1962). Burt Lancaster incarne Robert Stroud, un détenu de la prison forteresse sur l'île d'Alcatraz. Son seul lien avec le monde extérieur se réduit à la promenade quotidienne entre les murs élevés de la cour de la prison, d'où il observe les mouettes jouissant de leur liberté. L'Homme-Oiseau note ses observations et au fil des années, il devient un ornithologue respecté. Le film se termine par sa libération. À ceux qui lui demandent alors ce qu'il va faire à l'avenir, il répond : « Je vais mesurer les nuages.

Première exposition rétrospective de

Koen van den Broek "Curbs & Cracks"

Elle ne se présente pas comme une rétrospective dans le sens strict du terme mais montre une "sélection" des œuvres qu'il a peintes au cours des dix dernières années.

Koen Van den Broek


Le musée des Beaux-Arts (MBA) Museum voor Schone kunsten(MSK)

L'exposition Van de Woestyne et le symbolisme

Après avoir bénéficié d’une rénovation et d’une restauration complètes, le musée rouvrit ses portes en mai 2007.  Le bâtiment a été créé en 1898 par l’architecte Charles van Rysselberghe, qui l’a conçue comme un temple classique dédié à l’art.
La collection présente une confrontation de l’art flamand avec les grands courants de l’art européen, depuis les primitifs flamands jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Parmi les œuvres incontournables deux chefs-d’œuvre de Jérôme Bosch.  Mais l’accent est surtout mis sur les œuvres du XIXe et XXe siècles.  La vaste collection de tableaux, de sculptures et de dessins familiarise le visiteur avec les courants artistiques : du réalisme et  du romantisme à l’expressionnisme et au surréalisme du XXe siècle, en passant par l’impressionnisme et le symbolisme.

À partir de 1898-1899, une colonie d’artistes symbolistes s’installe à Laethem-Saint-Martin sur la Lys. Comme tous les symbolistes, ces artistes s’élèvent avec force contre l’impressionnisme insouciant, contre le luminisme et le fauvisme, avec leurs taches vives de lumière et de couleurs.  Ils fuient la culture citadine raffinée et recherchent leur âme dans la campagne inviolée, avec son silence, son calme et sa solitude.

Gustave Van de Woestyne (Gand 1881- Uccle 1947)

est le fils d'un industriel gantois et le frère de Karel Van de Woestyne, conteur, critique d'art, journaliste et poète symboliste, considéré avec Guido Gezelle comme l'un des plus grands poètes flamands.

Elève à l'Académie de Gand, c'est en 1899 qu'avec son frère, il part pour Laethem-Saint-Martin où il se lie d'amitié avec Van den Abeele, Minne, Dessenis, Van Houtte, de Saedeleer et Servaes. Quelques années partagées entre la réalisation de nombreux portraits d'adolescents, d'amis ou de paysans, des soins aux malades et d'assistance aux mourants et, en 1905, une entrée comme novice à l'abbaye des bénédictins à Louvain.

Trois mois plus tard, convaincu de sa vocation d'artiste, il rejoint Laethem où il épouse (1908) la fille d'un paysan voisin, Prudence De Schepper, avec qui il eut cinq enfants. C'est à cette époque que paraissent les illustrations exécutées pour le Reinaert De Vos de Stijn Streuvels.

De 1909-1913, Van de Woestyne s'installe à Louvain où il se lie d'amitié avec Alfred Delaunois. Il passera ensuite par Bruxelles avant de rejoindre Valerius de Saedeleer à Tiegem. « Il exécute alors des évocations symboliques et religieuses, des scènes de la vie rurale, des portraits admirables. Le tout plus dessiné que peint, à mi-chemin entre le rêve et la stricte objectivité. »


Gustave Van de Woestijne Le berger, 1910 Gustave Van de Woestijne La table des enfants, 1919 Gustave Van de Woestijne Héberger les étrangers, 1920 La petite paysanne,1913
Le berger, 1910 La table des enfants, 1919 Héberger les étrangers, 1920 La petite paysanne, 1913

Bibliographie :

Thomas Beaufils, La Flandre : Anvers, Gand, Bruges, Editions Autrement, Paris, 2003, pp. 171-176 ;
André Poncelet, Bruges et le pays flamand, Guides Evasion, Editions Hachette, Paris, 2006, pp. 177-181 ;
Catherine Sauvat, François Goudier, de Bruges à Amsterdam, impression de peintres, éditions du Chêne, Paris, 2003, pp.48-49 ;
Harold Van de Perre, Van Eyck, L’Agneau mystique, Coll. Maîtres de l’Art, Gallimard/Electa, 1996 ;
Fabrice Hadjadj, L’Agneau mystique, Ed. de l’œuvre, Paris, novembre 2008
Johan De Smet, Laethem-Saint-Martin, un siècle d’art flamand (1870-1970), Lannoo, 2000 ;
Collectif Catalogue d’exposition Gustave Van de Woestyne 1881-1947, Museum van Deinze et de Leiestreek, sept. 1997, Pandora, Snoeck-Ducaju & Zoon, les auteurs.

Rédaction Agnes et Odile
Mise en ligne par Agnes Réant-Rosseel le 14 juin 2010

La carte interactive des journées et voyages de Convivialité en Flandre.

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