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Index de l'article
Voyage à Florence : cinq jours avec les Médicis en juin 2008
2 - Le programme détaillé des 5 jours à Florence
3- L'histoire de la ville de Florence
4 - Les architectes de Florence
5 - Les peintres et sculpteurs de Florence (31 images)
Toutes les pages

Voyage du 3 au 7 juin 2008
avec Convivialité en Flandre :
Cinq jours à Florence sur les pas des Médicis


 

Florence : son histoire, ses architectes,
ses peintres et sculpteurs, ses écrivains

Nichée au pied des Apennins sur les rives de l'Arno, Florence concentre la plupart de ses richesses à l'intérieur ou aux abords du centre historique. Les amoureux de l'art de la Renaissance seront comblés.


Quarante membres participaient à ce voyage. Des conditions idéales pour se promener et visiter en deux groupes les édifices ou musées. Découvrez le programme du voyage et l'histoire de cette ville, capitale de la Toscane.

Nos deux guides Laurence et Angela, docteurs en histoire de l'art, ont décuplé notre émerveillement devant les œuvres des architectes, peintres ou sculpteurs.

 


Le programme des
5 jours
à Florence

11 photos de l'histoire
de la ville de Florence
L'architecture
10 photos des
architectes de Florence
 L'Annonciation
31 photos sur les peintres
et sculpteurs de Florence

 

Le groupe à San Miniato
Convivialité en Flandre à San Miniato sur une colline dominant Florence lors du voyage de juin 2008.
Photo Sabine Wetterwald

Création des pages par Monique Vyers le 9 janvier 2008,

dernière modification par Sabine Wetterwald le 2 février 2010


 

 

Vue de Florence

2 - Le programme détaillé des cinq jours à Florence en juin 2008


Mardi 3 juin

Départ de Dunkerque mardi 3 Juin du Terminal Croisière à Dunkerque à 6 h 45. Arrivée à l'aéroport de Florence à 13h40.
Vols directs à l’aller et au retour, à partir de Bruxelles Zaventem et de Florence International.

À partir de 15h, installation à l'hôtel. Vers 16h, le séjour commence dans le cœur de Florence avec nos guides en partant à la Découverte de la Piazza del Duomo.

L'église Santa Maria del Fiore, cathédrale de Florence (le Duomo).

Son plan est particulier : elle est composée d'un corps de basilique à trois vaisseaux soudé à un chevet en arc trilobé qui soutient l'immense coupole de Brunelleschi.

florence-duomo.jpg Le Duomo

Le Campanile de Giotto, situé à côté du Duomo, mesure plus de 84 mètres de haut, soit six mètres de moins que le Dôme. Il est lui aussi décoré de marbre blanc, vert et rose, de fenêtres gothiques et dans la partie inférieure de 28 bas-reliefs de terre cuite de Pisano et Luca della Robia représentant la Vie et les Travaux humains. A l’intérieur du campanile, les décorations d'Andrea Pisano et de Luca della Robbia évoquent La Chute originelle et La Rédemption par le travail.

Le Baptistère

Consacré à saint Jean Baptiste, patron de la ville, il fut construit au XIe siècle. Il est de forme octogonale et sa façade est en marbre vert et blanc. Il comporte trois portes : la porte Sud d'Andrea Pisano, réalisée en 1330, montre des scènes de la vie de saint Jean Baptiste ; la porte Nord exécutée par Ghiberti représente des épisodes du Nouveau Testament, la vie et la Passion du Christ ; enfin, la plus célèbre, la porte du Paradis, réalisée également par Ghiberti, s'ouvre en face du Dôme. Ses dix panneaux illustrent des épisodes de l’Ancien Testament.

À l’intérieur : une mosaïque du XIIIe siècle évoque le Jugement dernier.

Visite du Musée de l’Œuvre.

Le Musée de l’Œuvre de la cathédrale ( musee dell’opera del Duomo) expose les panneaux d'origine des portes du Baptistère, l'équipement utilisé par Brunelleschi pour élever la coupole ainsi que son masque mortuaire. Parmi l'impressionnante collection de sculptures se trouve la célèbre Pietà inachevée de Michel-Ange.

Retour à l’hôtel avant de partager le premier dîner en ville.

Mercredi 4 juin

Nous commencerons la journée dès l’ouverture de la

Galerie des Offices.

Visite guidée de l'un des plus célèbres musées de peintures et de sculptures dans le monde.

Commencée en 1560 par Giorgio Vasari peintre et architecte à la cour des Médicis, la Galleria degli Uffizi à Florence, est achevée en 1581 par Bernardo Buontalenti.

Sa collection de peintures de Primitifs et de la Renaissance comporte des œuvres de Giotto, Simone Martini, della Francesca, Fra Angelico, Filippo Lippi, Botticelli, Mantegna, Correggio, Vinci, Raphael, MichelAngelo et Caravaggio.

Il reste un temps pour une visite libre aux Offices.

Offices

Cosme le jeune (1519-1574), premier grand-duc de Toscane, fait construire par Giorgio Vasari un nouvel ensemble de bureaux, les Offices.



corridor Le corridor de Vasari (Corridoio Vasariano) au dessus du Ponte Vecchio.
0

Avant le départ du Musée des Offices, nous avons la chance d’être guidés dans le

Corridor de Vasari

ouvert spécialement pour notre groupe.

Cette exceptionnelle galerie de près d’un kilomètre, court au dessus du Ponte Vecchio. Elle relie le Palazzo Vecchio au Palazzo Pitti en passant par la Galerie des Offices. Réalisé à la demande de Cosme Ier en 1565 pour le mariage de son fils Francesco avec Giovanna d’Autriche, et construit par Giorgio Vasari, architecte des Offices, ce corridor permettait de se déplacer en toute sécurité, sans escorte, de la résidence privée au palais du gouvernement.

Il contient une collection de portraits et de peintures du XVIIe et XVIIIe siècles.


Après le déjeuner nous parcourons :

 

La Piazza della Signoria.

La Place de la Seigneurie est le centre politique et névralgique de la ville depuis le Moyen Âge. Elle a vu défiler de nombreuses révolutions, fêtes, manifestations populaires. Elle est dominée par le Palazzo Vecchio et bordée par la Loggia, véritable musée en plein air. On peut y admirer quinze sculptures parmi lesquelles Persée avec la tête de Méduse de Benvenuto Cellini, La Fontaine de Neptune par Bartolomeo Ammannat, la copie du David de Michel Ange, la statue équestre représentant Cosme Ier, Hercule en lutte contre le centaure, œuvres de Giambologna. Petit détail macabre : un disque de marbre sur le sol proche de la statue de Cosme Ier indique l'emplacement où le réformeur Savonarola fut brûlé en 1498.

signoria
La Place de la Seigneurie est bordée d'un côté par la Loggia della Signoria (1376-1382) et de l'autre par le Palais Vecchio (1298-1314).

 

Avec nos guides, visite du Museo Nazionale del Bargello dédié à la sculpture de la Renaissance italienne.

Bargello Le Museo Nazionale del Bargello, palais de Florence construit en 1255.
Une exposition des œuvres du sculpteur Vincenzo Danti (1530-1576), « élève de Michel-Ange », permet d'apprécier le fameux groupe sculpté en bronze de la Décollation de saint Jean-Baptiste qui dominait autrefois la porte sud du Baptistère.
signoria
Vincenzo Danti (1530-1576), Décollation de saint Jean-Baptiste, 1570-71, détail



Palazzo Vecchio  cartes Cinq Cents


Vers 16h00, temps libre. Nous pouvons

- entrer dans le Palazzo Vecchio :

La première pierre du palais est posée en 1299 et les travaux durent dix ans. Cosme l’Ancien fait transformer la forteresse en confortable résidence. La décoration de l’immense salle des Cinq-Cents est confiée à Vasari. Dans une des pièces, Cosme l’Ancien, passionné de géographie, fait peindre les portes des armoires avec des cartes d’une précision étonnante pour la fin du XVIe siècle.



vue campanile

- et monter à la Coupole de Brunelleschi ou au Campanile de Giotto. À l’intérieur de la double coque de la coupole du Dôme, un escalier de 463 marches mène au lanternon d’où l’on a une vue exceptionnelle sur la cité. 414 marches conduisent au sommet du Campanile pour une vue panoramique sur Florence et ses environs.

orsanmichele

Les patrons des différentes corporations

Vers 20h nous nous retrouvons autour de l'église d'Orsanmichele, ancien dépôt de blé de la municipalité réaménagé en église. Des copies des rondes-bosses sculptées pour l'édifice par les plus grands artistes de la Renaissance permettent de faire des comparaisons de facture in situ.

Les patrons des différentes corporations, placés dans des niches, fac-simile des rondes-bosses originales, offrent un véritable musée de la sculpture du XIVe au XVIe.

 

Dîner dans un ancien monastère aménagé en restaurant.

Jeudi 5 juin

À quelques minutes de l’hôtel, nous rencontrons Fra Angelico, dans le couvent et le musée de San Marco.

Fondé au XIIIe siècle, le couvent de San Marco connaît un important agrandissement quand Cosme l’Ancien invite en 1437 les dominicains de Fiesole. Son architecte préféré Michelozzo, dessine les cloîtres et les quarante-quatre cellules dépouillées qui offrent depuis plus de cinq siècles leur cadre harmonieux aux fresques empreintes de spiritualité peintes par le moine florentin, passé à la postérité sous le nom de Fra Angelico (1387-1455).

Parmi les peintures rassemblées dans l’hospice des pèlerins, figurent deux chefs d’œuvre du moine : La Déposition de Croix et la Madona dei linaioli commandée en 1433 par la corporation des liniers. Nous visitons les cellules des dominicains sans oublier celles où a vécu le mystique Savonarole, prieur du Couvent pendant quelques années.


En traversant la place, nous découvrons

l’Accademia des Beaux-Arts de Florence,

première école d’Europe d’enseignement de la peinture, de la sculpture et de l’architecture.

L’Accademia conserve les œuvres majeures de Michel-Ange comme les Esclaves inachevés ou le David de plus de quatre mètres de haut, mais aussi une collection de tableaux peints par des contemporains de l’artiste.


Après la pause déjeuner, nous visitons

la basilique San Lorenzo, paroisse de la famille des Médicis avec la Vieille sacristie à plan central de Brunelleschi décorée de portes en bronze et de médaillons en stuc de Donatello.

Les plus grands artistes participèrent à la décoration de la basilique ainsi qu’à celle des Cappelle Medicee comprenant la chapelle funéraire des Princes (en travaux lors de notre passage) et la Nouvelle sacristie avec les monuments funéraires de Michel-Ange dédiés à Laurent duc d'Urbin et à Julien duc de Nemours. Michel-Ange architecte et sculpteur est au sommet de son art.


Vers 15h30, visite de l'église Santa Maria Novella : la Trinité, fresque en trompe-l'œil de Masacchio, cotoie la croix peinte de Giotto, la Vierge à l'Enfant de Pisano, les fresques d'Orcagna, de Ghirlandaio dans la Chapelle Tornabuoni, de Filippino Lippi dans la Chapelle Strozzi.

Vendredi 6 Juin

Hors programme, certains d'entre nous visitent l'église Santa Trinita avant de se rendre au Palais Pitti : les fresques de Domenico Ghirlandaio sur la vie de saint François y sont conservées dans la Chapelle Sassetti et mettent en valeur la grande pala de l'Adoration des bergers inspirée à Ghirlandaio par le panneau central du Triptyque Portinari de Hugo van der Goes.


En traversant l’Arno, nous découvrons ensuite

le Palais Pitti.

Construit par Brunelleschi pour le banquier Pitti, puis racheté par ses rivaux, les Médicis, le palais devient la résidence des grands ducs de Toscane et de tous les maîtres de Florence. Le palais abrite plusieurs galeries, dont la célèbre Galleria Palatina qui rassemble toutes les œuvres acquises par les Médicis avec près de mille tableaux d’artistes tels que Botticelli, Titien, le Pérugin, Andrea del Sarto, le Tintoret, Véronèse et aussi des peintres flamands, tels Jordaens ou Rubens.

Ils sont restés accrochés tels qu’ils plaisaient aux Médicis, sans souci de sujets ou de chronologie.

Le Museo dell’Argenteria, le Museo delle Porcellana, les salles d’apparat des appartements royaux et le jardin Boboli, complètent cet ensemble.


Après la pause déjeuner et un temps libre dans le quartier de Santa Croce, nous visitons la

Basilique di Santa Croce

Construite pour l’ordre des franciscains, elle conserve les tombeaux de Michel-Ange par Vasari, de Galilée et de Machiavel, le cénotaphe de Dante, et dans les chapelles, les fresques de Giotto et de Gaddi.

Un passage débouche sur la Chapelle des Pazzi, chef d'œuvre architectural de la Renaissance à plan centré imaginé par Brunelleschi. Nous sommes saisis par la pureté de cet espace où les mathématiques sont au service de l'architecture et de l'art décoratif ; les transitions pour passer du sol à plan carré au tambour apportant la lumière, puis à l'hémisphère des coupoles, sont particulièrement réussies. Les trompes sont décorées de médaillons en terre cuite émaillée de Luca della Robbia

Dans l’ancien réfectoire devenu

Museo dell’Opera,

des fresques de Domenico Veneziano et d’Orcagna et le fameux Christ en croix de Cimabue.


En fin de journée, visite de l’église

San Miniato al Monte,

une des plus belles réussites du Roman florentin, décorée de marbres polychromes et de mosaïques.

Juchée au sommet d’une colline, elle domine toute la ville. L'atmosphère orageuse du soir, la lumière rasante de fin de journée, le concert d'orgue impromptu, l'accueil charmant des moines nous permettant de découvrir les fresques de la sacristie, contribuèrent à rendre inoubliable la visite de cette basilique malgré l'averse de pluie battante qui suivit.

 

Le groupe à San Miniato
Une partie du groupe à San Miniato sur une colline dominant Florence.

Samedi 7 Juin

Cette matinée est partagée entre temps libre et visite de

l’église Santa Maria del Carmine.

l'église des Carmes de Florence, et les extraordinaires fresques de :

la Cappella Brancacci.

œuvres de Masolino, de Masaccio, qui introduit ici son sens du relief et de l’expression, achevées par Filippino Lippi.

La dernière visite guidée est celle du

Palazzo Davanzati, permettant un retour sur l'art du Moyen Âge qui complète agréablement cette semaine florentine au temps de la Renaissance.

En tout début d’après midi, transfert vers l’aéroport. Retour à Dunkerque le samedi soir 7 Juin.

 

À cliquer :

  • Un complément sur l'histoire de Florence sur le site AboutFlorence.
  • Détaillez la vie de Savonarole avec un livre de 453 pages écrit par F.T. Perrens en 1859 : Jérome Savonarole d'après les documents originaux et avec des pièces justificatives en grande partie inédites. Il est numérisé par Google.

 


 

Cinq jours à Florence en juin 2008
avec Convivialité en Flandre
3 - L'histoire de la ville de Florence


 

 

La ville de Florence est tout simplement unique. Aucune ville n'a accueilli autant d'artistes et ne recèle autant d'oeuvres d'art. Les textes de cette page sont inspirés de différents guides (références en bas de page).

La fondation

 

Le Printemps (1482)
Le Printemps, Sandro Botticelli, panneau de bois, 2,03m x 3,14m

Après s’être emparé de la cité étrusque de Fiesole, Jules César édifie en 59 av J.C. un camp pour les vétérans de l’armée sur les rives de l’Arno.

Le nom de Florenzia se réfère sans doute à la saison qui vit sa construction, la période des Ludi Floréales célébrant la déesse Flora.

La ville connaît la prospérité.

Flore, déesse des fleurs, est l'épouse de Zéphyr (le vent) qui l'aime et la fait jouir d'un printemps éternel. Elle est toujours représentée la tête et les mains chargées de fleurs.

La vie de Alessandro Di mariano Filipepi, surnommé Botticelli sur un site "Renaissance, Nostalgie d'un passé révolu".

 

Naissance de la Toscane

En 800, Charlemagne prend la tête de l’Empire d’Occident qui comprend le duché de Toscane. Celui-ci est composé de la Toscane, l’Ombrie et d’une grande partie du Latium.
La résidence du marquis de Toscane est transférée à Florence sous le marquis Ugo (953-1001).
Au cours du XIIe siècle, le duché dirigé par la comtesse Mathilde Canossa (1046-1115), acquiert une indépendance presque totale.
C’est dans son château qu’Henri IV excommunié, ira demander pardon au pape Grégoire VII en 1077.

Canossa

Depuis déjà plusieurs années, les empereurs germaniques se sont institués protecteurs de l'Église et n'hésitent pas à nommer eux-mêmes les papes.
Pendant la minorité d'Henri IV,un moine clunisien du nom d'Hildebrand, conseille au pape Nicolas II de modifier le régime de l'élection pontificale, en écartant toute prérogative impériale !
En 1073, devenu pape sous le nom de Grégoire VII, il entre en conflit avec Henri IV.
En 1076, lors du synode de Worms, Henri IV fait déposer Grégoire VII qui répond en excommuniant l'empereur.
La situation de l'empereur devient si critique, qu'il doit finalement s'incliner : le 22 janvier 1077, à Canossa, il paraît devant Grégoire VII en habit de pénitent.
Canossa
Grégoire VII, Henri IV, Mathilde à Canossa, enluminure, 1114, Rome

L'épisode célèbre de la lutte entre le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV à Canossa sur le site "Hérodote, Naissance de l'Europe".

Guelfes et Gibelins

Frédéric II Hohenstaufen
Frédéric II Hohenstaufen et l'aigle
Au XIIIe siècle, le duché de Toscane se trouve au cœur des divisions entre les gibelins, partisans de l’influence impériale issus de la noblesse traditionnelle, et les guelfes, alliés de la papauté, représentants de la nouvelle classe des marchands.
La querelle prend naissance en Allemagne. Deux familles illustres de ce pays, ayant pour chefs, l'une Conrad, fils de Frédéric de Hohenstaufen, duc de Souabe, seigneur de Wiblingen (d'où par corruption Gibelin), l'autre, Henri le Superbe, duc de Saxe, se disputent la couronne impériale.
Ces querelles sont transportées en Italie.
Le parti des Guelfes se scinde entre Blancs et Noirs : les noirs reconnaissent à la hiérarchie papale une autorité dans les affaires temporelles ; les Blancs sont plus proches d’une conception républicaine du pouvoir.
Florence continue cependant à prospérer grâce à l’essor des activités bancaires et textiles.

 

Peste, rébellion et arrivée des Médicis

Laurent le Magnifique Cosme de Médicis Laurent le Magnifique

Florence et la dynastie des Médicis


De 1341 à 1346, plusieurs banquiers font faillite et la peste de 1348 qui décime la moitié de la population, aggrave la récession économique, ce qui conduit au « Tumulte des Ciompi » soulèvement des ouvriers de la laine réclamant le droit de s’organiser en corporation.
Les conflits avec les cités voisines se poursuivent et, en 1430, Florence contrôle la majeure partie de la Toscane.
Giovanni di Bicci de Médicis fonde la puissance financière de la célèbre famille.
Les Médicis se succèderont à la tête de la cité jusqu’en 1494.
En 1434, le fils de Giovanni di Bicci de Médicis, Cosme l’Ancien, prend le pouvoir, et favorise la vie intellectuelle et les arts.
Laurent le Magnifique (1469-1492), son petit-fils, attire artistes, architectes, poètes et lettrés de toute l’Italie.
A sa mort, les Médicis sont ruinés et la ville entame une période de déclin.

Retrouvez Florence et la dynastie des Médicis sur le site Apparences.

Du chaos à l'unité

La Florence moderne

Machiavel (Niccolo Machiavelli ; 1469-1527) ) occupe la fonction de secrétaire à la chancellerie sous la république florentine (sorte de ministère chargé des relations extérieures).
En 1512 les Médicis reprennent le pouvoir et le bannissent de la ville. Il écrit plusieurs ouvrages dont Le Prince, dédié à Laurent de Médicis. Machiavel espérait entrer dans ses grâces. L'objet de son étude est l'exercice du pouvoir. Il explique comment on se l'approprie et comment le maintenir.
Machiavel souhaite le renforcement et l’unification de l’Italie (c’est d’ailleurs sur ce thème que s’achève Le Prince) autour d’une personne capable de la réaliser.
Au dernier chapitre du Prince, Machiavel exprime son désir de voir l'Italie débarrassée des invasions étrangères et revenir à ces temps où elle "était dans une certaine mesure équilibrée".
La politique a une fin (le bien général) et cette fin justifie les moyens qui vont être employés pour l’atteindre.
Machiavel prône un gouvernement pragmatique, détaché de la morale et de la religion, ayant parfois recours au mensonge ou à la force en vue d’apporter à terme le bien général.
Machiavel
Ce portrait posthume de Machiavel est exposé au deuxième étage du Palazzo Vecchio à Florence, dans son ancien bureau de Secrétaire des Dix.

 

Cosme 1er
Portrait de Cosme Ier de Médicis, tempera sur bois, 1545, par Angelo di Cosimo ou Agnolo di Cosimo (1503-1572, Florence), dit aussi Il Bronzino
Florence échoit à Cosme (1519-1574). Protégé par Charles Quint, il instaure un véritable principat et devient duc de Florence après la conquête de Sienne en 1555 puis grand-duc de Toscane.
La crise économique s’aggrave, la misère s’abat sur les couches populaires. Les Médicis règnent jusqu'en 1737.
Parmi les autres membres de la famille Médicis se trouvent deux reines de France : Catherine de Médicis (1519-1589) épouse du roi Henri II, et Marie de Médicis (1573-1642) femme d'Henri IV.
Le grand duché passe à la Maison de Lorraine qui lui rend sa gloire passée. Il voit affluer les membres de la bonne société européenne.
Imprégnée de culture anglaise et à l’écoute des nouveautés parisiennes, riche d’un groupe d’intellectuels novateurs, partisans d’un libéralisme modéré, Florence est alors la capitale culturelle d’une Italie en passe d’être unifiée.
En 1865, dans l’attente que Rome soit enlevé au Pape, Florence est choisie comme capitale du jeune royaume d’Italie.
Cinq ans plus tard, lorsque Rome tombe, Florence fortement endettée entre dans une longue période de récession.

 

Savonarole
Girolamo Savonarola, par Fra Bartolomeo, 1498, bois 47 x 31 cm, Florence, Museo di San Marco
Le prédicateur dominicain, Savonarole ( Girolamo Savonarola ; 1452-1498) incite chaque citoyen à se réformer lui-même pour mener une vie pieuse.
Il s'en prend à la Florence des Médicis, amoureuse de la richesse et des arts, et plus encore à la papauté.
A Florence, en février 1491 il prêche pour la première fois dans le dôme de Santa Maria Del Fiore et le même mois, il devient prieur de San Marco.
Le 7 février 1497, Savonarole organise un grand « bûcher des vanités » Place de la Seigneurie, dans lequel sont jetés tous les attributs du luxe : jeux, instruments de musique, œuvres d'art, jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque. Beaucoup d'artistes sont contraints à l'exil.
Il est excommunié, livré à l'Inquisition, jeté en prison, torturé, condamné et le 23 mai 1498 il est brûlé sur la place de la Seigneurie à Florence.

 

Le Ponte Vecchio (le Vieux Pont)
Le Ponte Vecchio est le pont le plus célèbre de la ville de Florence


Au début du XXe siècle Florence redevient le premier pôle de la culture italienne.
La Première Guerre mondiale favorise l’entrée au pouvoir de Mussolini (1883-1945).
Florence tombe dans le fascisme entre les deux guerres et est sérieusement endommagée au cours de la Seconde Guerre.
En se repliant, les Allemands font sauter tous les ponts la nuit du 4 août 1944 à l’exception du Ponte Vecchio épargné par l’ordre du maréchal Kesselring.
En 1966, les inondations causent des dégâts considérables sur le patrimoine de la ville. Depuis cette catastrophe, Florence est devenue un pôle majeur en matière de restauration d’art.

Gouvernement et politique

Florence (Firenze) est le chef-lieu de la Toscane qui compte dix provinces portant le nom de leur chef-lieu.
La « commune » (comuni) de Florence se repère aux panneaux de signalisation sur lesquels Firenze est traversé par une ligne rouge.

Elle comprend cinq Conseils de quartier (quartieri). Le maire (sindaco) Léonardo Domenici la dirige depuis juillet 1999, à la tête d’une coalition de centre gauche.
Le Palazzo Vecchio est le siège du gouvernement municipal.
la Toscane
La Toscane (Regione Toscana), est une des régions d'Italie, située au centre-ouest du pays dont la capitale est Florence.

 

Une partie du groupe à San Miniato
Convivialité en Flandre à San Miniato sur une colline dominant Florence lors du voyage de juin 2008.



À cliquer :

  • Un complément sur l'histoire de Florence sur le site AboutFlorence.
  • Détaillez la vie de Savonarole avec un livre de 453 pages écrit par F.T. Perrens en 1859 : Jérome Savonarole d'après les documents originaux et avec des pièces justificatives en grande partie inédites. Il est numérisé par Google.

À lire :

  • Encyclopédies du voyage, Gallimard, Florence, toutes les richesses d'une ville réunies dans un guide.
  • Damien Simonis, Florence, Lonely planet, Gallimard, Toute la ville en poche.
  • Térésa Fisher, Tim Jepson, Florence, Spiral Gallimard.
  • Alta Macadam, Où trouver, Itinéraire parmi les œuvres réalisées à Florence.

 


 

Cinq jours à Florence en juin 2008
avec Convivialité en Flandre
4 - Les architectes de la ville de Florence


Florence conserve un patrimoine artistique exceptionnel qui témoigne à merveille de l`ancienneté de sa civilisation.

C`est à Florence et dans sa région que sont nés et ont vécu des artistes de la plus grande importance pour l`art occidental.

Les textes de cette page sont inspirés de différents guides (références en bas de page).

Brunelleschi

 

Filippo Brunelleschi

Portrait de Filippo Brunelleschi, attribué à Paolo Ucello, détail, panneau en bois, 42x210 cm, Musée du Louvre

Felippo Brunelleschi (1377-1446) réalise le premier édifice Renaissance en adaptant à la coupole du Duomo des techniques de construction totalement nouvelles afin de créer une structure unique.

La coupole a été conçue de façon à supporter elle-même son propre poids.

Elle est très moderne avec son double toit.

La coupole externe protège la coupole interne des variations atmosphériques, et les deux coupoles sont reliées par des branches.

Dans l'espace entre les deux calottes, il est possible de monter et de parcourir les couloirs que Brunelleschi et les ouvriers empruntaient.



la coupole

La coupole de Brunelleschi, église Santa Maria del Fiore, la cathédrale de Florence (le Duomo)

 

Brunelleschi a aussi créé deux chapelles à plan central : la vieille sacristie de San Lorenzo construite pour le compte des Médicis ainsi que la chapelle des Pazzi.

Il réussit à comprendre les principes de la perspective linéaire grace à l'invention et à l'utilisation de la chambre noire avec probablement l'aide du mathématicien Evangelista Torricelli.

Le masque mortuaire de Brunelleschi exposé au musée de l'Oeuvre du Dôme est la seule représentation de ce grand artiste.

Michel Ange

Michel Ange, autoportrait la Sagrestia Nuova la Biblioteca Medicea Laurenziana

 

Michel Ange (1475-1564)a créé dans la basilique de San Lorenzo, la Sagrestia Nuova qui abrite les tombes de la famille des Médicis, qui donnent leur nom à la chapelle: Cappella dei Médicis.

Il travaille aux sculptures des sarcophages jusqu'en 1533, mais les seules qu'il achève sont les statues des Ducs Laurent et Julien, les allégories de l'Aube et du Crépuscule, du Jour et de la Nuit et l'ensemble de la Vierge à l'Enfant qui se trouve sur le sarcophage des deux "magnifiques".

A côté, se trouvent les saints Cosme et Damien.

Dans le vestibule, de la Biblioteca Medicea Laurenziana, dans la même enceinte, est réalisé en 1559, le magnifique escalier monumental à triple volée par l'architecte maniériste Ammannati sur les plans et dessins de Michel-Ange et sur ses conseils prodigués à distance.

Giorgio Vasari

Giorgio Vasari (1511-1574) a dessiné la galerie des Offices.

Le Palais des Offices à Florence égale par sa sobre beauté les plus célèbres édifices de la Renaissance italienne.

Self-portrait by Giorgio Vasari
autoportrait de Giorgio Vasari, huile sur toile; galerie des Offices, Florence.

Côme Ier de Médicis (1519-1574) demande à Vasari de lui dessiner un grand palais à deux ailes, "sur le fleuve et presque en l'air", pour y héberger les treize Magistratures, autrement dit les bureaux (uffizi) administratifs et judiciaires du duché de Toscane.

Le même architecte relie, cinq années plus tard, ces bureaux au palais Pitti, la résidence des Médicis, par un corridor qui traverse l'Arno en passant au-dessus des échoppes du Ponte Vecchio.



lle corridoio
le corridor , de Vasari: passage couvert dessiné en 1565 pour le grand-duc Côme Ier de Médicis et qui relie les Offices au Palais Pitti.


Des disciples de Brunelleschi

Michelozzo Michelozzi Léon-Baptiste Alberti lLuca Fancelli


Michelozzo Michelozzi (1396-1472) édifie le palais de Côme l'Ancien et se charge de la restructuration du vieux couvent dominicain de San Marco.

Leon Battista Alberti ( 1404-1472) conçoit le Palais Rucellai, l'édicule du Saint-Sépulcre dans la chapelle Rucellai et la façade de Sainte-Marie-Nouvelle. Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages dont le traité d'architecture De re aedificatoria composé vers 1450, publié après sa mort en 1485.

Luca Fancelli apprend le métier de tailleur de pierre et de maçon auprès de Brunelleschi. Certains pensent qu'il est l'architecte du Palais Pitti.

 

À lire :

  • Encyclopédies du voyage, Gallimard, Florence, toutes les richesses d'une ville réunies dans un guide.
  • Damien Simonis, Florence, Lonely planet, Gallimard, Toute la ville en poche.
  • Térésa Fisher, Tim Jepson, Florence, Spiral Gallimard.

 


 

Cinq jours à Florence en juin 2008
avec Convivialité en Flandre
5 - Les peintres et sculpteurs de Florence


 

Pendant le XVe siècle, Florence est le centre incontesté du renouvellement des arts en Italie. Elle voit l'éclosion de la Renaissance, mouvement artistique, intellectuel et social.

Léonard de Vinci, tout comme Michel-Ange s'appuie sur la science de l'anatomie et Donatello crée en 1430 son premier nu sur pied : David.

Leon Batista Alberti initie l'art critique, Giorgio Vasari - grand admirateur de Michel-Ange - et Andréa Del Sarto créent l'histoire de l'art.

PREMIERE PARTIE : les peintres

LES PREMICES DE LA RENAISSANCE

Cimabue
Crucifix de Santa Croce Vierge en Majesté La Maestà


Cimabue (vers 1240-1302), de son vrai nom Cennini di Pepo, peintre italien de la pré-Renaissance, est le premier à rompre avec les règles de la peinture d'inspiration byzantine. En contact avec d'autres artistes à Florence, il veut sortir la peinture des icônes et des mosaïques.

Giotto deviendra son élève.

On attribue à Cimabue la Maestà de l'église de la Trinité à Florence.

En 1272, Cimabue termine, dans l'église franciscaine de Santa Croce à Florence, le Crucifix qui le rend célèbre.

Très endommagé pendant les inondations de la ville de Florence en 1966, le Crucifix de Santa Croce a été seulement restauré en partie. Il est très proche de la croix d’Arezzo.

À l’extrémité des deux bras du Christ, la Vierge Marie et Jean le Baptiste.

Giotto
Giotto par Uccello (1482) Paolo Uccello ( 1397-1475) commence sa série des Pères de la perspective en représentant Giotto. Peinture à l'huile sur bois, musée du Louvre.

Giotto (1266/7-1337), de son vrai nom Ambrogiotto di Bondone, peintre de l’époque gothique, apporte une nouvelle manière de peindre, basée sur l’observation de la nature, le respect de la perspective et la précision des expressions.

Giotto est reconnu par ses comtemporains comme un grand peintre, admiré par Pétrarque et Bocace et cité par son ami Dante dans La Divine Comédie.

Bocace écrit dans une nouvelle du Décaméron, vers 1350 :

« Il possédait un génie si puissant, que la Nature, mère et créatrice de toutes choses, ne produit rien, sous les éternelles évolutions célestes, qu'il ne fût capable de reproduire avec le stylet, la plume ou le pinceau."

Dante Alighieri dans sa Divine comédie, écrit au onzième chant du Purgatoire : " O vaine gloire de la puissance humaine (...) Cimabue croyait tenir le champ de la peinture, maintenant c'est à Giotto qu'appartient la clameur, et la gloire de l'autre en est obscurcie ". Comme architecte et sculpteur, Giotto a laissé à Florence un monument d'une élégance et d'une harmonie incomparables, le campanile de la cathédrale. Seule la partie ornée de panneaux sculptés émergeait du sol lorsque l'artiste mourut trois ans plus tard.



Santa Croce Mort de saint François Les stigmates

Giotto décore à fresque deux chapelles de l'église Santa Croce : la Chapelle des Bardi et celle des Peruzzi. En 1318, les scènes de la vie de saint François prennent place dans la Chapelle Bardi. Les parois de cette chapelle sont recouvertes de chaux au XVIIIe siècle, époque où l'art médiéval est tenu pour barbare.

Dans La Mort de saint François, les gestes et les expressions sont dépouillés et l'impression dominante est la gravité.

Les peintures murales de la Chapelle Peruzzi aussi recouvertes de chaux sont en piètre état. Elles représentent les scènes de la vie de saint Jean l'Evangéliste.

 

crucifix

 

Au Palais du Bargello bâti en 1255 qui deviendra le palais du Podestat, dans la chapelle du premier étage, Dante apparaît au milieu des Élus au Paradis dans une fresque que l'on attribue à Giotto.

Dans la scène du paradis de la chapelle du Palais du Bargello, apparaît derrière le personnage agenouillé sur la droire, un portrait de Dante jeune avec un manteau et un chapeau marron.

Le corps du Crucifié ne présente plus l'incurvation pathétique d'inspiration byzantine que l'on a vue chez Cimabue. Giotto retrouve les proportions établies par l'achitecte romain Vitruve (Ier siècle) : les deux mains et les pieds sont inscrits dans un cercle dont le centre est constitué par le nombril.

PERSPECTIVE, VOLUME ET STRUCTURE, UNE REVOLUTION DANS LE DESSIN

Masaccio

 

Masaccio Masaccio ( 1397-1475) s'est représenté le regard tourné vers nous. À sa droite, Masolino, plus petit ; derrière lui, Leon Battista Alberti et Brunelleschi.

Tommaso di ser Giovanni di Mone Cassai dit Masaccio (1401-1428), malgré sa courte vie, est l'un des plus importants peintres du XVe siècle et l'initiateur de la peinture de la Renaissance.

Arrivé à un très jeune âge à Florence, il entre dans le cercle du peintre Masolino da Panicale, venant du même village. Ils travaillent ensemble dans la Chapelle des Brancacci.

Sa première grande réalisation est située à l'église Santa Maria del Carmine. Ses fresques se distinguent par le brio du clair-obscur et l'application des lois de la perspective découvertes par Brunelleschi.

L'exemple le plus célèbre de cette application est La Trinité de l'église Santa Maria Novella.

Chapelle Brancacci de l'église Santa Maria Del Carmine
Tribut saint Pierre

 

Le cycle des Scènes de la vie de saint Pierre a été commandé par Felice Brancacci vers 1424 à Masolino et Masaccio.

Dans le Paiement du tribut, Masaccio illustre les trois moments de l'épisode en un seul espace scénique.

Au centre le Christ entouré des Apôtres aux portes de la ville de Capharnaüm est arrêté par le gabelou qui lui demande de payer le tribut pour pouvoir entrer. Le Christ montre le lac (mer de Galilée) à saint Pierre qui est représenté à gauche sur la plage et à droite avec le gabelou.

La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre en chaire est la dernière scène peinte par Masaccio.

Les quatre badauds sont les portraits de Brunelleschi, Alberti, Masaccio et Masolino. Un fond d'architectures élégantes est relié au jardin par un mur d'enceinte.

Santa Maria Novella

 


Masaccio, La Trinité, 1428, fresque, 667 x 317 cm, Florence, Eglise Santa Maria Novella.

Le Christ soutenu par Dieu le Père est au centre d'une niche sombre avec un plafond voûté à caissons.

De chaque côté de la Croix, se trouvent les figures très évocatrices de la Vierge et de saint Jean l'Evangéliste, à leur tour flanqués du couple qui a commandé l'œuvre.

Dans la partie inférieure, un squelette git sur un autel peint.

La fresque est connue pour sa composition parfaite et le grand équilibre avec lequel les personnages, dotés d'un relief proche de la sculpture, sont insérés dans une stucture architecturale peinte.

Tout semble concourir à envisager une union entre les arts majeurs, peinture,sculpture et architecture, ce qui est un des principes-clés de la Renaissance florentine.

 



Le retable exécuté en collaboration avec Masolino pour l'église Sant'Ambrogio à Florence, représente sainte Anne, la Vierge et l'Enfant.

L'attribution des différentes parties du tableau est très débattue.

Le groupe de la Vierge à l'enfant et de l'Ange qui tient le rideau à droite est généralement assigné à Masaccio.

Sainte Anne serait l'oeuvre de Masolino.

Le groupe de la Vierge à l'Enfant assume une présence physique et morale prédominante par l'importance du bloc formé par les deux figures, éclairé par une lumière naturelle qui vient de la gauche.

Vierge

Vierge à L'enfant avec sainte Anne

pour Sant' Ambrogio, Musée des Offices
Trinité

Masaccio, Adam et Ève chassés du Paradis, 1425-1427, fresque, 208 × 88 cm, Église Santa Maria del Carmine, chapelle Brancacci, Florence

Masaccio compose une scène profondément humaine.

Les personnages sont représentés avec un souci remarquable de description des émotions et de personnalisation des traits.

Cette fresque est une des premières représentations de nus dans la peinture occidentale.

Adam et Ève ne semblent pas hostiles l'un à l'autre mais marchent ensemble, quoique solitaires dans leur douleur.

La fresque, censurée ensuite par ajout de branches d'oliviers cachant la nudité d'Adam et celle d'Ève, sera restaurée en 1990 et retrouvera son allure originelle.



LES PEINTRES DE LA LUMIERE ET DE LA COULEUR

Fra Angelico

Né en 1395, Guido di Pitro devient frère dominicain sous le nom de Giovanni peu après 1418.
Il s'installe à Florence quand Cosme l'Ancien charge Miccelozzo d'agrandir le couvent médiéval de San Marco afin d'en faire le siège des dominicains.
Fra Giovanni est appelé pour réaliser des fresques. La profonde religiosité qui empreint ses oeuvres lui valent le surnom d'"Angelico" et de "Béato".

Musée San Marco

En 1921, toutes ses peintures sur bois sont réunies pour être exposées dans une salle du couvent.
San Marco devient un musée entièrement consacré à ce peintre.
La peinture de Fra Angélico encourage à la méditation en se fondant sur des thèmes très intellectuels, peintures construites selon les dernières connaissances acquises en fait de perspective.

Jugement Retable de San Marco vie du Christ

Le panneau du Jugement Dernier représentait le couronnement du dossier d'un siège destiné à des chantres, d'où sa forme insolite.

Le groupe des Bienheureux qui dansent avec les Anges du Paradis est séparé de la foule tumultueuse des damnés de l'Enfer par l'insertion d'une rangée de tombes ouvertes.

Des détails du Jugement Dernier sur le site de L'enfer dans l'art.

Dans le retable de San Marco (1437-1440), Fra Angelico représente La Vierge en trône avec l'Enfant parmi des anges, saint Côme, saint Damien, saint Laurent, saint Jean l'Évangéliste, saint Marc, saint Dominique, saint François et saint Pierre martyr. Ce retable est une des réalisations les plus importantes de l'artiste. Il se caractérise par une conception de l'espace très novatrice où ressortent au premier plan, un tapis d'Anatolie au pied du trône, et en arrière-fond, un bouquet de cyprès, de cèdres et de palmiers.

Les panneaux qui composent la prédelle sont dispersés dans les musées de Munich, Dublin et Washington.

Les deux panneaux exposés de chaque côté du retable : La sépulture des saints Côme et Damien avec une remarquable représentation en perspective et La Guérison du diacre Justinien où apparaît la greffe d'un membre.

Deux prédelles du Retable de San Marco à Florence sur le site de Damien Jullemier.

La Vie du Christ est illustrée sur 35 petits panneaux qui formaient les volets de l'Armoire de l'Argenterie pour l'église de l'Annunziata ( musée de San Marco).

 

Annonciation Christ bafoué Noli me tangere

 

L'Annonciation, fresque située dans le couloir sud du couvent de San Marco, a été réalisée par Fra Angelico dans les dernières années de sa vie. La Vierge est peinte dans une élégante galerie ouverte sur un jardin et non une cellule. La lumière éclaire l'intérieur de la pièce.

La fresque de cette cellule, Le Christ bafoué, montre au premier plan la Vierge et saint Dominique. Ils méditent sur le Christ trônant derrière eux, les yeux bandés. Il tient en main le sceptre et le globe qui symbolisent des pouvoirs que les gardes lui offrent par raillerie.

Sur un fond vert irréel, le Christ est entouré d'autres symboles de la dérision utilisés dans l'iconographie médiévale : des mains qui le giflent et la tête d'un personnage qui crache sur lui.

Marie-Madeleine est agenouillée aux pieds du Christ devant le caveau ouvert taillé dans le rocher.

Une tension apparaît entre le geste des bras tendus de Marie-Madeleine vers les pieds du Christ et la position hésitante de celui-ci avec son pas croisé, le corps à demi tourné vers elle, en même temps qu’il lui demande de ne pas le toucher : «Noli me tangere ».

Domenico Ghirlandaio
Ghirlandaio

Domenico Ghirlandaio, miracle de l'enfant ressuscité, détail de l'autoportrait

Né en 1449 comme Laurent de Médicis, Domenico di Tommaso Bigordi, dit Ghirlandaio devient un artiste spécialisé dans la peinture des fresques où apparaissent des dizaines d'hommes cultivés et aisés de son temps.

Ghirlandaio est profondément marqué par l'art classique de Rome, et des édifices inspirés de l'Antiquité ressortent souvent dans ses peintures et fresques, agrémentés d'éléments décoratifs qui reprennent des reliefs classiques en marbre.

Les couleurs brillantes qui ressortent dans les retables réalisés pour les églises de la ville montrent qu'il doit beaucoup à la peinture flamande qu'il connaissait, surtout par l'imposant triptyque de Hugo Van Der Goes représentant l'Adoration des bergers, exécuté à la demande Tommaso Portinari.

Michel Ange entre dans son atelier en 1488 tandis qu'il finissait le cycle des fresques de Santa Maria Novella.

 

Santa Trinita
La vie de saint François Règle franciscaine Renoncement

 

La fresque de la chapelle Sassetti raconte la légende de François d'Assise, patron de Francesco Sassetti.

Elle commence à partir de la lunette du mur gauche, avec le Renoncement aux biens. Le jeune François nu, renonce publiquement à tous ses biens, face à l'évêque.

Le cadre de cette scène, est la ville d'Assise. L'œuvre a été critiquée parce que, dans la scène , le père de François n'exprime aucune colère devant la décision de son fils, alors que la même scène est décrite par Giotto à Santa Croce, de façon impressionante.

Elle continue horizontalement sur les deux autres lunettes avec L'Approbation de la règle. La scène se déroule dans une salle à plusieurs nefs, séparées par des piliers. En transportant la cérémonie de Rome à Florence, Ghirlandaio incorpore dans le champ de la scène le Palazzo Vecchio et la Loggia dei Lanzi. Laurent de Médicis est tourné vers le groupe qui émerge de l'escalier situé au premier plan.

Puis, L'Épreuve du feu devant le sultan.

Elle repart de la gauche au registre inférieur, avec la scène du Miracle des stigmates, pour se conclure à droite avec Les Funérailles de saint François.

La succession chronologique des scènes est interrompue au-dessus de l'autel par Le Miracle de l'enfant ressuscité, survenu après la mort du saint.

Le site "fresques" apporte le complément sur le XVe siècle florentin.

Santa Maria Novella
Novella Novella

 

Giovanni Tornabuoni, apparenté aux Médicis confie la décoration de la chapelle à Ghirlandaio qui est avant tout un fresquiste.

La décoration de la chapelle Tornabuoni est décrite en détail par Vasari:

"Cette chapelle est considéré comme très belle, grande et agréable par la vivacité des couleurs, par l'habileté et la perfection de leur traitement sur le mur, et par le peu de retouches à sec".

Le jugement de Vasari devient même très laudatif: "Et certainement Domenico mérite les plus grands éloges à tous égards, et surtout pour l'expression des visages, peints d'après nature, dans lesquels on pourra reconnaître les vivantes images de nombreuses personnes de qualité."

Le site "fresques" apporte le complément sur La chapelle Tornabuoni.

Musée San Marco
Cène

Ghirlandaio, La Cène, vers 1482, Musée de San Marco, Florence

Ghirlandaio compose cette fresque vers 1482, La Cène, avec l'intervention de Davide Ghirlandaio et Sebastiano Mainardi.


LES PEINTRES DE LA GRÂCE

Sandro Botticelli
Botticelli

Sandro Botticelli, Autoportrait, détail de L'Adoration des Rois Mages,

vers 1474, Galerie des Offices, Florence

Sandro di Mariano Filipepi dit Botticelli (1445-1510) entre vers 1460 dans l'atelier de Fra Filippo Lippi (1406-1469), moine et peintre le plus réputé de Florence, pour ses peintures de scènes religieuses.

Il fréquentait assidument la cour des Médicis et c'est dans ce milieu culturel qui préconisait un retour aux valeurs classiques qu'il réalisa ces tableaux.

Les années 1490 entraînent une crise politique et religieuse à Florence sous l'influence de Savonarole, prieur des Médicis, qui annonce la fin de monde au tournant du siècle, prêche l'ascèse et la pénitence et exhorte à la vertu, à la vie modeste et à l'humilité, sous peine du châtiment divin.

Cette crise affecte profondément Botticelli qui partage les interrogations et les convictions de Savonarole. À partir de 1498, son style semble évoluer vers des compositions plus engagées et plus rebelles aux pouvoirs des Médicis.

 

Galerie des Offices
Annonciation, 1481 Annonciation, 1489

 

La fresque de l'Annonciation de 1481 est une délicate scène d'intimité domestique où le lit de la Vierge, avec une couverture et des rideaux blancs, le petit jardin Renaissance et le carrelage du sol sont représentés dans une perspective parfaite.

Sur L’annonciation peinte à la fin de sa vie, une atmosphère de spiritualité unit la figure de la Vierge et celle de l'Ange.

La luminosité du paysage et la transparence du voile de la Vierge sont des détails d'un grand raffinement.

Gabriel tient un énorme lis dans la main gauche. Il lève la tête vers la Vierge en ouvrant la bouche pour la saluer, et sa main droite esquisse un geste de bénédiction.

Marie, très grande, svelte, entend l'annonciation et recule dans un même mouvement, à la fois gracieux et véhément, que soulignent les courbes amples du manteau bleu à galon doré et doublure vert foncé, et les plis ondoyants de la robe rouge.

Dans le lointain, un château nordique dresse ses tours pointues sur des escarpements rocheux, à gauche. Un pont démoli ou inachevé prolonge sur l'autre rive un rempart crénelé percé d'une porte monumentale.

 

LES MAITRES DE LA SECONDE RENAISSANCE

Léonard de Vinci
Vinci L’Adoration des mages, 1481, tableau inachevé de Léonard de Vinci, Galerie des Offices de Florence, 243 x 246 cm

Léonard de Vinci fait son apprentissage dans l'atelier d'Andréa Verrochio

Laurent de Médicis lui commande l'Adoration des Mages en 1481.

Ce tableau n'a jamais été fini, parce que Léonard de Vinci a offert ses services au Duc Ludovic Sforza de Milan .

Il a peint seulement la terre brune, le tableau est constitué de dix planches encollées à la verticale, renforcées par deux travées de bois.



DEUXIEME PARTIE : les sculpteurs

ARCHITECTURE ET SCULPTURE : LA MESURE DANS LA GRANDEUR

le Moyen Àge
beffroi
La tour de guêt du Palazzo Vecchio

Arnolfo di Cambio (1250-1302)grand maître du gothique est l'auteur du projet initial de Santa Maria del Fiore.

Vasari prétend qu'il fut en charge de la construction de Santa Croce. On lui attribue le Palazzo Vecchio et plus particulièrement le beffroi.

La tour de guet achevée en 1310 est un beffroi à triple rangée de créneaux carrés comportant un chemin de ronde en saillie.

Elle est excentrée du plan général du palais car construite sur les ruines de l'ancienne tour gibeline des Foraboschi.

L'éclosion de la Renaissance
sacrifice sacrifice

Le sacrifice d'Isaac panneaux réalisés par Ghiberti et Brunelleschi pour le concours de la seconde porte en bronze
du Baptistère de Florence

Ghiberti, pourtant inconnu, remporte en 1401, le concours de la seconde porte en bronze du Baptistère de Florence aux dépends de Brunelleschi et Jacopo Della Quercia.

On reconnaît la grande supériorité de l'oeuvre de Ghiberti, la perfection du nu et des draperies, l'élégant agencement de la composition.

Sculpteur florentin du Quattrocento (1378-1455), il est l'auteur des célèbres Portes du baptistère du Dôme de Florence dont Michel-Ange a dit qu'elles étaient dignes d'être les Portes du paradis.

Le passage calculé de la ronde-bosse au bas-relief et au modelé presque plat de la médaille, la fuite rigoureuse de l'architecture, la suggestion dans le bronze d'un paysage aérien rompent avec toutes les lois qui avaient jusqu'alors présidé à l'ordonnance du bas-relief.

Il va tenter de doter l'art de la sculpture de certaines ressources que l'on avait considérées jusqu'alors comme étant le lot exclusif de la peinture.

Dans la première porte, il a tenté de reproduire une grande variété de sentiments ; dans la seconde, il veut exprimer le bonheur, la jeunesse et la beauté.

ghiberti

Porte du Paradis du Baptistère de Florence réalisée par Lorenzo Ghiberti en 1452

Sur la porte du Baptistère qui regarde la façade du Dôme, Ghiberti représente les épisodes de l'Ancien Testament.

Ces bas-reliefs sont de véritables tableaux, dont certains réunissent près de cent figures, en des paysages délicats ou en de nobles architectures inspirées de l'Antiquité.

Ghiberti dit : « J'ai représenté tous les édifices, tels que dans leurs proportions ils paraissaient à la vue, et avec une telle vérité d'apparence, qu'en s'éloignant d'eux ils nous paraissent détachés sur le fond.

Ils ont très peu de relief, et, comme dans la nature, les figures plus rapprochées de la vue paraissent plus grandes que celles qui sont éloignées. »

 

À lire :

  • Encyclopédies du voyage, Gallimard, Florence, toutes les richesses d'une ville réunies dans un guide.
  • Damien Simonis, Florence, Lonely planet, Gallimard, Toute la ville en poche.
  • Térésa Fisher, Tim Jepson, Florence, Spiral Gallimard.
  • Alta Macadam, Où trouver, Itinéraire parmi les œuvres réalisées à Florence.

Le programme en 2007-2008 : Flandre-Italie, histoire d'amour ou mariage de raison ?



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