Fiche d'Histoire n° 3 - Les Croisades Imprimer Envoyer

 

En ce jour de novembre 1095, le pape Urbain II parle des nouvelles désastreuses pour la chrétienté qui s'étaient répandues dans toute l'Europe à propos de la Terre sainte.
 
Le pape Urbain II arrivant en France

Un célèbre moine prédicateur, Pierre d'Amiens, dit Pierre l'Ermite poussa ce cri  « Dieu le veut ! »  C'est ainsi que commença la première d'une longue série de guerres, appelées croisades, qui durant deux siècles, devaient opposer la croix du Christ au croissant de l'islam.

 

L'enthousiasme pour la croisade fut énorme: des dizaines de milliers de personnes, y compris les femmes, les vieillards, les enfants, se déclarèrent prêtes à partir libérer le Saint Sépulcre. La ferveur religieuse fut le moteur principal de cet immense élan. Mais d'autres facteurs alimentaient aussi cet enthousiasme:

 

  • Le pape délia serviteurs et vassaux de leur serment de fidélité envers leurs seigneurs durant toute la période de la croisade. C'était une aubaine pour des centaines de petits vassaux, mais encore plus pour des milliers de paysans et de serfs, pour lesquels la croisade était l'occasion inespérée de sortir de leur condition et de devenir riches.
  • L'indulgence plénière, c'est-à-dire le pardon de tous les péchés qu'ils avaient commis, était en outre accordée aux croisés.

 

Vers Jérusalem : «  la Croisade des Gueux »Siège de Jérusalem  par les croisés

Urbain II avait fixé au mois d’août 1096 le départ de  la grande expédition. Mais des  dizaines de milliers de personnes s’étaient spontanément mises en route avant la date prévue, conduite par Pierre l’Ermite. Dans le même temps, 5000 personnes s’étaient  en route en Allemagne munies de très peu d'armes et d'un maigre ravitaillement. Cette « Croisade des Gueux » se transforma en fléau.

Les croisés saccagèrent des villages entiers pour obtenir de la nourriture, menacèrent d'innocents groupes de juifs, qualifiés d' "ennemis du Christ".

La foule poursuivit sa marche jusqu'à Nicée, une place forte turque. Là quelques escouades d'archers turcs, suffirent à décimer ces malheureux rêveurs.
Entre l'été et l'hiver 1096 se mit en marche la gigantesque machine de la première véritable croisade. 
 
 

Godefroy de Bouillon partant pour la croisade

 

Elle fut appelée "Croisade des Seigneurs", car aucun roi ne s'y était associé.
Mais les chefs de la croisade étaient valeureux et acquirent rapidement un grand prestige : ainsi se distingua le duc Godefroi de Bouillon, le plus vaillant chevalier du groupe.


Les discordes ravageaient l'armée croisée : Godefroi commandait... quand on le lui permettait. Les troupes chrétiennes occupèrent Nicée sans grandes difficultés. C'est alors qu'elles durent affronter leur ennemi le plus impitoyable : une marche de 800 kilomètres sous un soleil ardent, dans des régions dépourvues d'eau, alors que les vivres manquaient et que les tribus bédouines les harcelaient sans cesse. Bien plus que les batailles, ces difficultés décimèrent l'expédition.

 

 

La Prise de Jérusalem croises_assaut_jerusalem.jpg

 Les troupes redoublèrent leurs assauts et prirent Antioche en une semaine. L'armée turque,  fut vaincue. Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d'Occident, 12 000 soldats du Christ, déguenillés,  tombèrent à genou en pleurant lorsqu'ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la Ville sainte ! 

Durant quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Le 15 juillet, Godefroi, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de hache, ils atteignirent les portes.

Les croisés atteignirent enfin la basilique édifiée sur le Saint Sépulcre du Christ. Godefroi de Bouillon refusa la couronne, se contentant du titre plus modeste d' avoué, ou défenseur, du Saint Sépulcre du royaume "latin" ainsi conquis.

Le royaume de Jérusalem ne disparut qu'en 1291.

 

Revers militaires avantages économiques : la deuxième croisade (1147-1149) 

Enluminure des TempliersCes territoires chrétiens, loin de s'unir face aux Musulmans, s'affrontèrent sans cesse en querelles et en guerres intestines.

Après la première croisade apparurent des ordres monastiques de moines soldats, dont le rôle était d'assister et de protéger les pèlerins et de secourir les croisés blessés durant les batailles. Ce rôle d'assistance devint peu à peu secondaire, par rapport à la participation aux combats.
Parmi les ordres, on notera les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, fondés dès 1113, l'ordre des Chevaliers du Temple, créé en 1119, et les Chevaliers Teutoniques, un ordre allemand fondé en 1187
Le pape ordonna alors de former une nouvelle croisade; elle fut prêchée par Bernard de Clairvaux, à l'assemblée de Vézelay, en Bourgogne, en 1146. L'expédition fut conduite par le roi de France Louis VII et l'empereur germanique Conrad III. La nouvelle de l'arrivée de renforts musulmans contraignit les chrétiens à lever le camp et à rentrer sans gloire en Europe.

En deux années seulement, le prestige des armées croisées était tombé si bas que l'on pouvait penser que plus personne ne voudrait reprendre les armes. 

 

La "Croisade des Rois" (1189-1192) 

Quarante années passèrent, pendant lesquelles Chrétiens et Musulmans vécurent souvent en bon voisinage. En octobre 1187 la prise de Jérusalem entraîna l'appel à la troisième croisade.

Elle fut appelée la "Croisade des Rois" parce qu'à sa tête se trouvaient les souverains les plus prestigieux d'Occident : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France, Philippe Auguste  et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. Resté seul, le roi d'Angleterre signa une trêve avec son valeureux adversaire.

La trêve, hélas ! ne fut signée que pour trois ans...

 

La "croisade de Venise" 

La quatrième croisade fut inspirée par le pape Innocent III , qui mit les souverains chrétiens en demeure de reprendre les armes et de libérer le Saint Sépulcre des mains des infidèles. A la différence de la précédente, ce fut une croisade conduite par de simples chevaliers
Les croisades se terminèrent par un échec : la Terre Sainte demeura sous le contrôle des musulmans.

  

 

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Fiche rédigée par Monique Vyers pour Convivialité en Flandre, novembre 2005.

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