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Jeudi 17 janvier 2008 à 18h00 - Amphithéâtre Schumpeter
Pôle Lamartine de l'Université du Littoral, Dunkerque

 

Un Flamand à Florence : le Triptyque Portinari

Une conférence de Sabine Wetterwald

 

Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l'Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral Côte d'Opale.

Sabine Wetterwald a quitté l'enseignement des mathématiques depuis quelques années et obtenu une Maîtrise d'Histoire de l'Art à Lille 3 (Master 1) en juin 2007.

Suivant une suggestion d'un des membres de l'Association, elle a choisi pour cette soirée de parler d'une seule œuvre d'art.

Plusieurs tableaux "phares" étaient candidats pour cette présentation. Le fameux triptyque flamand conservé à Florence, si riche de significations, s'est finalement imposé, en adéquation avec le thème italien de l'année.

Sabine devant le Duchesse Anne depuis le Musée portuaire.
Au fond, le beffroi de l'Hôtel-de-ville de Dunkerque
Sabine Wetterwald

 

Image emblématique des échanges entre Flandres et Italie au XVe siècle, le monumental Triptyque Portinari commandé par Tomasso Portinari, banquier florentin de Bruges, au peintre flamand Hugo van der Goes, illustre idéalement le thème développé cette saison à Convivialité en Flandre : " Flandre-Italie : histoire d'amour ou mariage de raison ? "

Certains d'entre vous connaissent déjà Hugo van der Goes : le Triptyque du Calvaire conservé dans la crypte de la Cathédrale Saint-Bavon à Gand, fut longtemps attribué à Juste de Gand (Joos van Wassenhove), et maintenant rendu unanimement à Hugo van der Goes et daté de 1465-1468. L'œuvre avait pu être détaillée dans la crypte de Gand avec l'Association en novembre 2003.

La Mort de la Vierge est l'un de ses derniers travaux, peint vers 1480 et conservé au Musée Groeninge de Bruges. Il en existe une belle copie anonyme du XVIe siècle au Trésor du Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur. Dans ce même musée se trouve un panneau de van der Goes, peint vers 1475 : c'est le volet gauche d'un triptyque non terminé de Dieric Bouts, Le Martyre de saint Hippolyte, où figure dans un paysage le portrait des donateurs, Hippolyte de Berthoz et son épouse Elisabeth Hugheins.

L'exposition " Les Primitifs flamands, les plus beaux diptyques " du Musée Royal des Beaux-Arts à Anvers en mai 2007 a été ausi l'occasion de connaître le Diptyque de 'La Chute' et de la 'Déploration du Christ' peint par Hugo van der Goes vers 1467-68.

Hugo van der Goes, 'Triptyque Portinari'

Hugo van der Goes, Triptyque Portinari, entre 1476 et 1478, huile sur bois, 253 x 586 cm (volets ouverts), Galleria degli Uffizi, Florence

La description d’une image inclut implicitement une interprétation.

  • Situer le contexte historique,
  • détailler le « visible » en s’en approchant,
  • comprendre la relation entre l’image peinte et les textes qu'elle est censée illustrer,
  • dévoiler le sens allégorique caché de la peinture,
  • l’intention morale de Hugo van der Goes ou de son commanditaire le banquier Tommaso Portinari,
sont autant de voies d’analyse qui nous permettent d’éclairer les cinq panneaux du triptyque.
van der Goes, détail des bergers

Hugo van der Goes, 'Triptyque Portinari', volets latéraux extérieurs

ss

Hugo van der Goes, Annonciation, volets extérieurs du Triptyque Portinarientre 1476 et 1478, huile sur bois, Galleria degli Uffizi, Florence

L'importante monographie d'Elisabeth Dhanens publiée en 1998 et certains articles parus dans les revues spécialisées d'Histoire de l'Art, ont permis d'élargir nos points de vue sur cette œuvre exceptionnelle qui ne peut être enfermée dans un "savoir circonscrit" : l'explication laisse à la peinture sa part de mystère incompressible.

Nous ne saisissons pas simplement le sens de l’image ; c’est l’image qui nous saisit.

Nous étions heureux de vous retrouver en ce début d'année 2008, bien que très émus après la disparition précoce d'un de nos membres fidèles. Sylvie Membré était encore au premier rang de la salle lors de la conférence d'Agnes en décembre 2007. Comme à son habitude, elle avait pris des notes, toujours curieuse d'apprendre. Son absence s'est fait cruellement sentir ce jeudi.
Merci à tous pour votre confiance et la qualité de votre écoute dans l'amphi.

À cliquer :

Bibliographie utilisée :

  • CASTELFRANCHI VEGAS Liana, Italie et Flandres. Primitifs flamands et Renaissance italienne, L'Aventurine, Paris, 1995, pp. 189-229
  • CRUM Roger J., « Facing the Closed Doors to Reception ? Speculations on Foreign Exchange, Liturgical Diversity, and the ‘Failure’ of the Portinari Altarpiece » in Art Journal, New York, Spring 1998, v. 57 n°1, pp. 5-13
  • DHANENS Elisabeth, Hugo van der Goes, trad. C. Warnant et M. Vincent, Fonds Mercator, Anvers, 1998
  • DIDI-HUBERMAN G., Devant l'image. Questions posées aux fins d'une histoire de l'art, Ed. de Minuit, Paris, 1990
  • FRÈRE Jean-Claude, Les primitifs flamands, Terrail, Paris, 2001, pp. 120-135
  • KOCH Robert A., « Flower symbolism in the Portinari Altar » in Art Bulletin, v. 46, 1964, pp. 70-77
  • KOSTER Margaret-L, « New documentation for the Portinari altar-piece » in Burlington magazine, v. 145, no. 1200, Mar 2003, pp. 164-179
  • LASSAIGNE Jacques, La Peinture flamande, Le siècle de van Eyck, Genève, Skira, 1957, pp. 110-130
  • MENDES-ATANAZIO M.-C., « Il trittico Portinari » in Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain, 1989, v. 22, pp. 17-28
  • MILLER, Julia-I, « Miraculous childbirth and the Portinari altarpiece » in Art bulletin, v. 77, no. 2, June 1995, pp. 249-261
  • PANOFSKY Erwin, Les primitifs flamands, trad. D. Le Bourg, Hazan, Paris, 1971, 1992, 2000, pp. 600-627
  • REY Robert, Hugo van der Goes, Ed. de L’Abeille, Bruxelles, 1936
  • SCHAPIRO Meyer, Les mots et les images. Sémiotique du langage visuel, Macula, Paris, 1996, 2000
  • TODOROV Tzvetan, Éloge de l'Individu. Essai sur la peinture flamande de la Renaissance, Adam Biro, Paris, 2000
  • VOS (De) Dirk, Les primitifs flamands. Les chefs d’œuvre, trad. M. Vincent, Fonds Mercator, Anvers, 2002, pp. 127-156
  • WALKER Robert M., « The Demon of the Portinari Altarpiece » in Art Bulletin, n° 42, 1960, pp. 218-19
  • WITTKOWER Rudolf et Margot, Les enfants de Saturne, Psychologie et comportement des artistes de l’Antiquité à la Révolution française, trad. D. Arasse, Paris, Macula, 1985, 2000, Chap. V « Génie, folie et mélancolie », pp. 123-140

Création de la page
par Sabine Wetterwald le 22 décembre 2007,
dernière actualisation le 10 décembre 2008


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