À l'ombre des grands Maîtres de Bruges, une conférence de Françoise Caillet-Mangin Imprimer Envoyer

Vendredi 5 mai 2006
Amphithéâtre Schumpeter, Pôle universitaire Lamartine, Dunkerque

 

Conférence :

A l’ombre des grands Maîtres de Bruges

par Françoise Caillet-Mangin

Historienne de l'Art et guide au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Membres ou non de notre Association, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l' Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral.

Françoise a préparé pour nous le texte qui suit. La mise en page est de Monique Vyers.

Bruges est l'une des villes historiques les mieux conservées d'Europe. Non seulement de nombreux édifices, monuments et institutions historiques ont résisté au temps, mais le paysage urbain et surtout le tracé des rues y sont pour ainsi dire demeures intactes.

Cette qualité de ville-musée de Bruges découle aussi de la présence d'une vingtaine de bâtiments et d'institutions qui, au cours des décennies, ont acquis le statut de musée en raison de leur rayonnement historique et de leur richesse en oeuvres d'art.


Tous les musées de Bruges présentent certains traits communs : ils sont de taille réduite et -sauf pour le musée Groeninge- établis dans un édifice ou un établissement historique, les collections présentes sont le reflet de la gloire passée de Bruges.

Parmi les édifices religieux, l'église Notre-Dame est une église-musée. L'église basse et les double nefs latérales où se trouvent de nombreuses oeuvres d'art, telle la prestigieuse Vierge à l'Enfant de Michel-Ange, servent encore en permanence au culte.


Le choeur de l'église haute abrite le mausolée de Marie de Bourgogne et celui de Charles le Téméraire, mais aussi le Triptyque de la Passion du peintre de cour Barend Van Orley.


Tout proche, l'ancien Hôpital Saint-Jean est devenu le musée du célèbre peintre Memling (la Châsse de sainte Ursule, le Retable des deux saints Jean).

Ces chefs d'oeuvre sont présentés dans l'ancienne église de l'hôpital, et dans la chapelle attenante dédié à saint Corneille.

A juste titre, beaucoup mentionnent le contraste stylistique entre le caractère raffiné des panneaux de ce peintre et l'aspect essentiellement baroque de l'église.

Le musée Groeninge, un des plus importants d'Europe, offre un panorama intéressant de la peinture des Flandres à la fin de l'époque médiévale et à la Renaissance.

En particulier, dans la galerie des primitifs flamands, le fondateur du réalisme optique, Jan Van Eyck est présent avec la monumentale Vierge au chanoine Joris Van Der Paele (1436) provenant de l'ancienne cathédrale Saint-Donatien, et le portrait plus intimiste Marguerite Van Eyck

(1439), qui ornait les locaux de la corporation des peintres brugeois.

Le talent pictural de Rogier Van der Weyden et Hugo Van der Goes est illustré par une ancienne version de la célèbre Madone de saint Luc d'une part, et de l'émouvante Mort de la Vierge peinte pour l'ancienne Abbaye des Dunes d'autre part.

La présence proche d'oeuvres de Peter Christus influencé par Van Eyck, de Dirk Bouts ou de Gérard David, à côté de maîtres anonymes comme le Maître de la légende de sainte Ursule et le Maître de la légende de la sainte Mère, permettent d'apprécier des comparaisons.

 

L'un des édifices religieux le plus visité et le plus surprenant du centre historique de Bruges est l'église médiévale du Saint-Sang

où sont vénérées depuis le XIIe les reliques du Saint Sang.


Un petit musée y est installé avec comme pièce maîtresse la Châsse du Saint Sang et les oeuvres peintes de deux maîtres anonymes, le Maître de la légende de sainte Barbe et le Maître du Saint-Sang.



Triptyque de La Mise au tombeau, 1519, attribué au Maître du Saint-Sang

Françoise a éclairé notre regard sur quelques trésors artistiques de Bruges.

Nous étions surpris de découvrir -en plus des deux premières générations de Primitifs- la richesse de la production d'une série de petits maîtres anonymes avec des peintures méconnues quoique très attachantes.

Bravo à notre conférencière pour avoir su les sortir de l'ombre.

Vous étiez moins nombreux que d'habitude pour écouter cette conférence pourtant captivante.  Mais le calendrier était chargé et nous étions plusieurs à nous rendre ensuite à l'église Notre-Dame de Malo-les-bains pour écouter le beau concert concocté par Loïc Fournier et les Amis de l'orgue de Malo à 20h30. Il fallait oublier de dîner pour se contenter des nourritures de l'oeil et de l'oreille !

Merci à tous ceux qui ont relevé ce défi et ont participé à cette conférence. Merci aussi à Martin Wetterwald qui a cette fois encore sonorisé remarquablement la soirée avec l'installation de son matériel de sono et la réalisation d'un enregistrement.

Création de la page par Monique le 8 avril 2006,
dernière actualisation par Sabine le 29 novembre 2008
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