60.Mercredi 18 mars 2026
Les vertus de l’atelier
Une conférence de Jean-Paul Deremble

Horaire : 17h
Lieu : Auditorium de la B !B, rue Benjamin Morel, Dunkerque
"L’atelier demeure le lieu où une œuvre d’art naît.
Si sublime soit-elle, si sacrée et géniale soit-elle, la création artistique ne peut oublier l’atelier où elle a été fabriquée. Certes l’œuvre est appelée à quitter son lieu de naissance pour des destinations prestigieuses qui parfois méconnaitront les conditions de sa création.
Il est heureux de rendre hommage à l’un des ateliers les plus fameux de France, qui s’investit sans relâche pour que l’art du vitrail devienne réalité. S’agissant de l’art du verre, la collaboration entre les artistes et les artisans est vitale. Gabriel Loire, dont la passion pour le vitrail émerge dès 1924, a voulu se donner les moyens de créer des vitraux qui ne peuvent voir le jour sans l’union intime des concepteurs et des praticiens. Jacques, Hervé, Bruno Loire ont poursuivi le projet fondateur en créant eux-mêmes des œuvres en verre et en animant un atelier où les artistes les plus réputés ont été accueillis avec grande intelligence et technicité.
Il suffit de vivre dans l’atelier de Lèves pour réaliser combien l’art et les techniques s’unissent sans cesse dans une ambiance où les conditions matérielles prédominent. Les verres en grandes plaques ou en morceaux, les fours, la chimie des couleurs, les métaux, les outils envahissent l’espace. Le sol parsemé de traces matérielles évoque les copeaux de bois de l’étymologie du mot atelier qui renvoie aux ais rabotés des menuisiers. Des projets sont en confection, d’autres sont restés à l’état d’essais, quelques panneaux de démonstration jalonnent une histoire mouvementée où des myriades d’ouvriers et d’apprentis ont travaillé avec des artistes célèbres du monde entier.
Dans l’atelier, maître et élèves, artistes et artisans, vivent dans une communion d’échanges sans laquelle les créations peinent à voir le jour.
Henri Focillon, lui-même formé à l’art dans l’atelier de gravure de son père, a fait l’Éloge de la main en 1934 : les manuels sont là pour rappeler que rien ne peut surgir du chaos sans la main qui façonne. Léonard de Vinci a toujours conjugué les recherches technologiques et artistiques, sa Joconde a voisiné sa vie durant avec les machines volantes et les inventions les plus prometteuses. Brancusi a voulu que son atelier soit conservé en l’état quand il a fait don de ses œuvres à la République.
Dans l’antre de l’atelier se réalise l’union intime des matérialités et des immatérialités. Il ne faut jamais oublier notre terre quand on rêve des lumières célestes. L’inspiration créatrice ne peut rien sans la glaise de nos origines.
Que vive encore longtemps, à Lèves, l’atelier des « matières lumineuses » (Hugues de Saint-Victor) où se confectionne la théophanie de la lumière et, pour une part certaine, l’avenir en lumières de notre humanité si fragile.
Car c’est bien d’humanisme qu’il faut parler dans un atelier… « L’homme est un atelier vivant »(Maxime le Confesseur)". Texte de Jean-Paul Deremble
Si vous voulez plus de renseignements sur les ateliers Loire, rendez-vous sur leur site.
Pour tenter de comprendre ce processus de création artistique, nous donnerons la parole à Claude Klimsza, sculpteur contemporain qui partagera son expérience d’inspiration, de création, d’évolution de sa pratique et l’importance qu’il donne à la réception de ses œuvres.
A partir de trois de ses œuvres présentes, nous serons invités à nous exprimer.
