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jeudi 20 février 2014 à 18h00
Auditorium du Musée des beaux-arts, Place du Général de Gaulle, Dunkerque

Espaces baroques, architecture, sculpture et peinture

à Rome au XVIIe siècle

Une conférence de Benjamin Couilleaux

Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de notre partenariat avec la Ville et les musées de Dunkerque. Le tarif plein est de 6 € ; le tarif réduit est de 3 € pour les membres de l'Association. l'accès est gratuit pour les scolaires, étudiants et demandeurs d'emploi. Nous acceptons les " Passeports Senior " (Pdf d'invitation).


À 16h30, avant la conférence, visite guidée au Musée des beaux-arts de Dunkerque : Claudia Duponchel présente une sélection des peintures de la période baroque des collections du musée des beaux-arts. Les frais de guidage sont pris en charge par l'association.



Diplômé de l’École du Louvre et de la Sorbonne, Benjamin Couilleaux est conservateur du patrimoine au Musée Cognacq-Jay, musée du XVIIIe siècle de la Ville de Paris depuis juillet 2012.

Ses travaux portent entre autres sur la peinture italienne, et notamment Venise. Il a participé aux expositions Titien, Tintoret, Véronèse…Rivalités à Venise, présentée au Musée du Louvre en 2009, et Corps et ombres Caravage et le caravagisme européen, montrée l’été 2012 au Musée Fabre à Montpellier. Il prépare actuellement une monographie sur Lambert Sustris, peintre d’origine hollandaise actif au milieu du XVIe siècle dans la région de Venise, dans le cadre d’une thèse soutenue à l’École Pratique des Hautes Études, ainsi que le catalogue raisonné des peintures italiennes du Musée Fabre. Il enseigne l’histoire de l’art européen des XVIIe et XVIIIe siècles à l’École du Louvre.

Vous aviez apprécié ses dernières interventions pour notre association : Venise en fête, des Bacchanales au Carnaval en 2012, Rodolphe II à Prague ou la nature au service du pouvoir en 2010, ou L'univers aquatique de Rubens en 2009.

df Benjamin Couilleaux
Andrea Pozzo, L'Apothéose de saint Ignace, fresque, Sant’Ignazio, Rome d Espace pensé, vécu, rêvé... Fonctionnalités et esthétique des architectures, est le thème choisi cette saison.
Convivialité en Flandre
interroge la relation entre l'homme et son espace depuis l'Antiquité jusqu'au XXIe siècle. L'étape baroque est à Rome.

Comment rendre sensible ce qui ne peut être expérimenté par les sens ? Dans le contexte de la Contre-Réforme, la création religieuse devient un support de foi et d’émotion pour le fidèle.

Andrea Pozzo, L'Apothéose de saint Ignace, fresque en trompe-l’œil, voûte de l'église Sant’Ignazio, Rome, 1685


La Rome de 1600 voit ainsi naître l’esthétique baroque, style monumental et spectaculaire sublimant l’œuvre d’art.
Le centre de la chrétienté se pare des plus belles églises, des plus riches décors, des plus fastueux autels pour imposer la grandeur de l’Église catholique et écraser la soi-disant hérésie protestante. Les ordres religieux anciens ou nouveaux accompagnent grandement ce dynamisme de la commande avec de vastes chantiers impliquant les meilleurs talents du moment.

Peinture, sculpture et architecture tendent à s’associer dans de grandes machines, prémisses de l’art total, pour faire de l’illusion artistique une vérité évidente.

Giovanni Lanfranco (1582-1647), La Gloire du Paradis (détail), 1625-1628, fresque, Rome, Sant'Andrea della Valle
d Giovanni Lanfranco, La Gloire du Paradis (détail), Rome, Sant'Andrea della Valle

La création de Bernin, génie de la Rome du XVIIe siècle, en témoigne superbement. Se multiplient images des visions et autres extases, théâtralisées avec force moyens, mais aussi empreintes d’une grâce et d’un mystère indicibles.

La mutation des pratiques du culte entraîne aussi d’importantes modifications dans la construction des églises. Si le langage antique de l’architecture reste la référence absolue, celle-ci est revue, adaptée ou transformée au gré de la volonté des maîtres d’ouvrage, des dispositions pratiques du terrain à bâtir et de la vision personnelle de l’architecte.

Le Bernin, Saint Longin, 1629-1638, Rome, Saint-Pierre

dFrancesco Borromini, lanternon, 1642-1662, Rome, Sant'Ivo della Sapienza

Pierre II Legros, La Religion abattant l’Idolâtrie, Rome, Gesù

Gian Lorenzo Bernini dit Bernin (1598-1680), Saint Longin, 1629-1638, marbre H 440 cm, Rome, Saint-Pierre

Francesco Borromini (1599-1667), lanternon, 1642-1662, Rome, Sant'Ivo della Sapienza

Pierre II Legros (1666-1719), La Religion abattant
l’Idolâtrie
, 1698-1699, marbre, Rome, Gesù

Le grand décor, loin de se réduire à un remplissage superficiel et laborieux de vastes surfaces, cristallise cette volonté de visualiser la sphère divine dans notre monde terrestre. Coupoles, voûtes et autres plafonds s’ornent de représentations célestes grandioses, figurant l’apothéose des saints au Paradis.

L’ordre des jésuites, particulièrement favorable à la commande artistique, a particulièrement recours à ces immenses compositions peintes. Leurs sanctuaires romains se parent également de nombreuses œuvres de sculpture et d’architecture formant un tout cohérent, de sorte que ces églises demeurent la quintessence même du baroque, cette fiction si vraisemblable.


  • Dans la rubrique "Images des maths du CNRS, un bel article de Denis Favennec : La quadrature du ciel. L’art baroque regorge de paradoxes : souvent il trompe pour mieux détromper, et se sert de l’illusion pour faire surgir la vérité comme dans un des plus célèbres trompe-l’œil, celui exécuté par le jésuite Andrea Pozzo dans l’église Sant’Ignazio à Rome, et on met au jour la géométrie sous-jacente ;
  • Un article (en anglais) du site du Metropolitan Museum of Art de New York sur la Rome baroque ;
  • L'article de l'Encyclopédie Larousse sur le style Baroque (du portugais barroco, perle irrégulière) en Europe et dans le monde ;
  • Un poème symphonique d'Ottorino Respighi : Fontane di Roma (Les Fontaines de Rome) composé en 1916, avec de superbes photos des monuments de la Rome baroque.
  • Les quatre mouvements décrivent quatre fontaines à quatre moments de la journée : La fontana di Valle Giulia all'alba (La fontaine de la villa Julia à l'aube) (Andante mosso) ; La fontana del Tritone al mattino (La fontaine du Triton le matin) (Vivo, Un poco meno allegretto, Più vivo gaiamente) ; La fontana di Trevi al meriggio (La fontaine de Trevi à midi) (Allegro moderato, Allegro vivace, Più vivace, Largamente, Calmo) ; La fontana di Villa Medici al tramonto (La fontaine de la villa Medicis au coucher du soleil) (Andante, Meno mosso, Andante come prima).

Création de l'article par Sabine Wetterwald le 20 février 2014

Mise à jour des liens le 1er février 2017


Le programme 2013-2014 : Espace pensé, vécu, rêvé... Fonctionnalités et esthétique des architectures ;

La carte interactive des journées et voyages de Convivialité en Flandre.