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Mercredi 27 janvier 2010

La Cité de la Dentelle et Rodin à Calais

Les peintres de la Côte d'Opale à Berck-sur-Mer

Au fil de la Côte d’Opale - Calais et Berck-sur-Mer

8h30 - Rencontre avec Les Six Bourgeois de Calais, groupe en bronze, sculpté grandeur nature, commandé à Auguste Rodin par la ville de Calais en 1885 et inauguré en présence de l'artiste le 3 juin 1895.

Six notables, Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres ont été contraints à s'humilier devant Edouard III, roi d'Angleterre pendant le siège de 1347.

Cette œuvre renvoie à un épisode marquant de l’histoire de la ville médiévale.

En 1328, à la mort du roi de France Charles IV, son cousin germain Philippe de Valois lui succède sur le trône plutôt que son neveu, Édouard III, roi d’Angleterre. 
Ce dernier est écarté car il descend du roi de France par sa mère. 
Contestant cette décision, il entre en guerre avec la France provoquant la « Guerre de Cent ans ».

Au cours du conflit,  Édouard III assiège Calais, prospère ville marchande et portuaire. 
Lors de la reddition de la ville, six grands bourgeois acceptent de se sacrifier en échange de la vie des autres habitants. 
Ils se présentent au roi, pieds nus, en chemise, la corde au cou, tenant les clefs de la ville et du château. 
Devant leur courage et leur abnégation, l’épouse du roi demande leur grâce au souverain qui veut leur trancher la tête. 
Ils seront libérés, mais la ville passera sous le contrôle de l’Angleterre (jusqu’en 1558).

Les bourgeois de Calais devant l'Hôtel de Ville photo A.R. Les bourgeois de Calais devant l'Hôtel de Ville photo A.R.
Les Bourgeois de Calais, 1884-1895,
Calais, 1889, Bronze, 220 x 235 x 178 cm
se dressant devant l'Hôtel de Ville,
place du Soldat Inconnu

Auguste Rodin a priviligié la représentation humaine du drame avec le puissant modelé qui caractérise son oeuvre en bronze.  Six personnages en chemise, la corde au cou, manifestent par leurs attitudes et leurs expressions, la résignation, le regret, le désespoir. 
Les têtes baissées, les mains levées, les corps immobiles ou en mouvement expriment avec force le terrible moment des adieux.

9h30 - Musée des Beaux- Arts

Le musée des beaux-arts de Calais dédie tous ses espaces muséographiques à la sculpture, à la photographie, à la peinture et au dessin du XVIIe au XXIe siècles.
Depuis quelques années, le musée poursuit sa dynamique de réaccrochages de ses propres collections et accueille des expositions temporaires.
Les espaces lumineux et clairs du bâtiment construit dans les années 1960 par l'architecte Paul Pamart convient les visiteurs à découvrir ou redécouvrir les sculptures de Rodin, Bourdelie, Maillol, Flanagan, Ramette, Morellet..., les peintures de Dubuffet, Picasso, Recco, Alechinksky, Van der Ast et les photographies de Mylayne, Wentworth et Höfer notamment.


Salle de sculptures
Exposition Rodin
Le 14 novembre 2008, le musée des beaux-arts de Calais a inauguré un nouvel espace d’exposition dédié au Monument des Bourgeois de Calais d’Auguste Rodin.
Aux pièces de bronze qui constituaient un précédent dépôt, le
musée Rodin, en accord avec la
ville de Calais, dépose un nouvel ensemble de vingt-quatre œuvres en plâtre, terre cuite et bronze (vingt- cinq en comptant un plâtre hors inventaire).


Rodin, Tête de Camille Claudel,
assemblée avec la main de Pierre de Wissant

Auguste Rodin, Tête de Camille Claude à la main de Pierre Wissant

 

11 h - Cité internationale de la dentelle et de la mode

Cité internationale de la dentelle et de la mode Calais

Composé d’une ancienne usine de dentelle datant du milieu du XIXe siècle et d’une remarquable extension de verre et d’acier, le bâtiment mérite à lui seul la visite.

La dentelle de Calais au fil du temps
Dentelle de fabrication mécanique, le tulle est un tissu léger et transparent, à mailles rondes, carrées ou polygonales. 
Introduit à Calais au début du XIXe siècle, il reste une des grandes spécialités de la ville.

Les métiers mécaniques Leavers, du nom de leur inventeur qui firent la richesse de l’industrie textile anglaise, ont été exportés frauduleusement de Grande-Bretagne, et remontés à Calais, le port du continent le plus proche.

Dès 1816, ils installent des petites unités de production de tulle dans Calais intra-muros. Rapidement, le manque de place et les nuisances sonores du travail nocturne contraignent les fabricants à développer leur activité dans le faubourg maraîcher de Saint-Pierre-lès-Calais.
L’adaptation du système Jacquard au métier à tulle et l’arrivée de la machine à vapeur dans les années 1835/40 font passer la production à l’ère dentellière industrielle.
En moins d’un demi siècle, Saint-Pierre devient une ville cosmopolite prospère et dépasse en nombre d’habitants Calais, au point que les deux villes fusionnent officiellement en 1885.

La matelote vue du Bassin du Paradis

Vue de « La Matelote » du Bassin du Paradis

Le Bassin du Paradis et son quartier Courgain Maritime 
En 1900, le faubourg maritime du Courgain est remarquable par les moeurs, les usages, les costumes, le langage des habitants qui se maintiennent différents de ceux des habitants de Calais.
Des ruelles qui font penser aux rues de Naples, bruyantes et chamarrées, peuplées par les pêcheurs et les ouvriers du port, qui s'entassent sur un espace restreint entre les quais et les fortifications.
Il a vu grandir des générations de pêcheurs, sauveteurs et même corsaires.
Attaché à ses traditions, il est à l’heure actuelle, le théâtre de fêtes populaires, telles que la bénédiction de la mer le 15 août, jour de l’Assomption.
Auparavant, au 15 août, un lâcher de canards permettait à de courageux nageurs d’essayer de les y attraper.

13h 00 - Déjeuner à "L'Aquar'aile" à Calais-Plage

14h 30 - Départ vers BERCK-SUR-MER

station balnéaire et ville thérapeutique (établissements hospitaliers), située sur le littoral sud de la Manche.

Eugène Boudin, (Honfleur 1824 – 1898), La plage de Berck, Musée du Touquet

Francis Tattegrain Retour de la pêche à Berck 1878

Charles Roussel, Les verotières

Eugène Boudin, (Honfleur 1824 – 1898),
La plage de Berck, 1878, Musée du Touquet
Francis Tattegrain, (Péronne 1852 - Arras 1915),
Retour de la pêche à Berck, 1878, Musée d'Art et d'Archéologie, Senlis
Charles Roussel, ((Tourcoing 1861-1936), 
Les verrotières, Musée de France Opale-Sud,
Berck-sur-Mer

Le Musée de France Opale-Sud – Berck-sur-Mer

Monsieur L'Hoer nous accueille pour une promenade extérieure, dite "Chemin des peintres", afin de découvrir le milieu naturel, source d'inspiration des peintres du lieu.

"Le chemin des peintres" est une promenade commentée par des amoureux de cet écosystème. 
Un siècle après le peintre Francis Tattegrain, ils donnent les clefs de ces espaces où une végétation tenace lutte contre vent et marées. 
Ils expliquent comment préserver une flore originale et une colonie de phoques en pleine expansion.
Le parcours d'environ 4 kilomètres, est accessible à tous et ne nécessite pas d'équipement particulier.

A deux pas de la plage et des espaces préservés de la baie d'Authie, les peintres du Musée de Berck-sur-Mer évoquent le souvenir de la plus grnde marine d'échouage de France.

Vers la fin du XIXe siècle, la marine sans port de Berck inspire l'une des communautés artistiques les plus dynamiques de France.
Entre les coques échouées, les peintres se déplacent au rythme des marées. 
Ils entraînent le visiteur sur les étendues sans limites que se partagent le ciel, la mer et le sable.
Dans le sillage des verrotières, ils accompagnent les pêcheurs dans tous leurs travaux et ous lèguent une collection de portraits sans équivalent.

Les bateaux ont disparu mais l'estuaire de l'Authie a échappé au béton, un cas rare pour le littoral français.

16 h -
L’exposition CHARLES ROUSSEL à fleur de bois
« Carte postale » toute de brume et de délicatesse.

Charles Roussel, L'enfant à la balle

Charles Roussel (Tourcoing 1861-1936),
L'enfant à la balle, vers 1900,
Musée de France d'Opale-Sud, Berck-sur-Mer

Elève de Cabanel, Charles Roussel est l'un des peintres naturalistes les plus assidus de la marine de Berck.
Ses petits formats, vifs et spontanés, sont le fil conducteur d'une promenade en évasion, loin des rigueurs de l'atelier.

Charles Roussel (Tourcoing, 1861-1936) suit les cours des Beaux-Arts à Lille chez Francis Tattegrain, puis vient à Paris s’inscrire à l’atelier de Cabanel. 
Le choix de ses sujets le montre fidèle à son premier maître : la mer et les dunes du Nord, les grèves, les plages, les garennes.
Il travaille quelque temps avec Gauguin à Pont-Aven mais le synthétisme ne marque guère sa peinture toute de brume et de délicatesse.
Il vit à Berck, expose au Salon à partir de 1887, prend part à des manifestations artistiques à Saint-Petersbourg en 1903, à Saint-Louis en 1904, à Buenos-Aires en 1909.
D’après le Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture de 1820 à 1920.

À cliquer :

 

Rédaction de la page par Agnes Réant-Rosseel le 17 janvier 2011.

 

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