| 'Picasso et les maîtres', Hugo, un bœuf d'Aertsen et Rembrandt |
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“Rembrandt n'aimait...
“ Rembrandt n'aimait pas qu'on regardât sa peinture de près. Il repoussait les gens du coude et disait : un tableau n'est pas fait pour être flairé. ” Victor Hugo (1802-1855), Choses vues
Dans la salle de l'exposition du Grand Palais réservée aux natures mortes avec Chardin, Zurbaran, Goya ou Picasso, des morceaux de viande se cotoient sur plusieurs siècles. Cette image double reprise sur le diaporama d'Aurélia Vertaldi met en parallèle les natures mortes avec mouton de Goya et Picasso. J'ai franchement essayé de voir une magie opérer, mais le charme n'a pas agi et je suis restée sur ma faim malgré la qualité du discours de notre guide. L'emballement des visiteurs était par contre impressionnant et l'utilisation des superlatifs autour de moi allait bon train pour qualifier l'exposition, malgré les 12 € d'entrée, les frais d'aller-retour à Paris et peut-être aussi deux ou trois heures de queue pour pénétrer les lieux après l'obtention du Sésame selon que l'on avait ou non pu réserver ses billets à l'avance. Au final, la juxtaposition de chefs-d'œuvre sans propos réellement didactique m'a semblé artificielle, surfant sans doute sur un effet de mode pour un artiste adulé qui est certes le plus connu du siècle dernier mais peut-être pas le plus grand. Je pensais être seule à contre-courant du consensus médiatique entendu à propos de l'exposition mais trouve des échos à mon point de vue dans l'article "Picasso et les maîtres" de Didier Rykner sur son site La Tribune de l'Art. Au moins ai-je pu - sans bouder mon plaisir - me régaler de tableaux admirés individuellement que je n'avais jamais vus qu'en photos comme le David et Bethsabée de Cranach, la Maya desnuda de Goya, le Saint Martin ou La Visitation du Greco, le Garçon conduisant un cheval de Picasso et d'autres de Rembrandt, Chardin ou Vélasquez pour ne citer que ceux-là.
Joachim Beuckelaer (1534-1574), neveu d'Aertsen, lui emboîte le pas avec un Porc abattu (à droite). C'est bien Aertsen qui insère le premier ce motif à l'arrière-plan d'une mégalographie de victuailles ou d'un étalage de boucherie, agrémenté au premier plan d'une énorme tête de bœuf qui nous regarde de son unique œil luisant (L'Étal de boucherie ci-dessus). Chaïm Soutine (1893-1943) reprend le thème du bœuf écorché avec sa série peinte en 1925. On en parle sur cette page dédiée à la nature morte éditée par l'ENS-LSH. On peut aussi comparer plusieurs bœufs de Soutine et voir ceux de Francis Bacon, celui de Marc Chagall et d'autres sur cette page de photos.
À cliquer :
- Une vidéo de l'accrochage de l'exposition "Picasso et les maîtres" sur le site de la RMN pour une note plus légère ;
- L'article documenté et nuancé de Benjamin Couilleaux : " Picasso et les maîtres : trois expositions à Paris " sur le site d'Exporevue Magazine.
Rédaction et mise en ligne par Sabine Wetterwald le 30 novembre 2008,
dernier lien ajouté le 9 janvier 2009
Le programme 2008-2009 de Convivialité en Flandre : Lumières et couleurs du Nord, impressions et variations
Commentaires (1)
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Agnes Réant
said:
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... Des scènes de boucherie et de représentations d'animaux abattus apparaissent déjà au Moyen Âge dans l'iconographie des activités correspondant au mois de novembre. Mais c'est dans les oeuvres de Pieter Aertsen, de Joachim Beuckelaer, de Pierre Brueghel l'Ancien et Martin van Cleve que l'animal équarri devient en lui-même un motif. Pieter Aertsen et son neveu Joachim Beuckelaer étaient associés à la Guilde d'Anvers de St Luc. L'étal de boucher de Pieter Aertsen, peint en 1551, présente la réalité et la symbolique des choses. L'oeuvre est à mettre en rapport avec la guilde anversoise des bouchers dont le siège, le Vleeshuis "La maison des bouchers" est le symbole concret d'une corporation riche dans une ville florissante. Le bâtiment Vleeshuis, construit entre 1501 et 1504 par Herman de Waghemakere, d'un style gothique, présente un haut volume à pignons à gradins accentué par cinq fines tourelles. Les murs de brique sont rayés de grès blanc. La corporation des bouchers pratiquait la vente de la viande immédiatement après l'abattage. Les animaux vivants étaient acquis sur la place du Marché aux bestiaux Veemarkt et amenés dans le sous-sol voûté de la boucherie qui servait d'abattoir. La viande était ensuite vendue dans la grande halle du rez-de-chaussée, où les 62 bouchers de la corporation avaient un étal. Les étages servaient de lieux de réunions. Rénovée en 2006, la Maison des Bouchers, abrite aujourd'hui, au milieu de centaines d'objets illustrant la vie des corporations, une belle collection d'instruments de musique (clavecins et virginals). |
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