| Conférence : "Peinture et emblème en Italie et aux Pays-Bas" par Sophie Raux |
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Jeudi 20 mars 2008
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Peinture et emblème en Italie et dans les anciens Pays-Bas aux XVIe et XVIIe siècles
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Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l'Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral Côte d'Opale.
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Sophie Raux-Carpentier est Maître de Conférences en Histoire de l'Art moderne (XVe-XVIIIe) à l'Université de Lille 3. Elle nous avait captivés par ses communications précédentes autour de Bruegel ou de la gravure. Spécialisée dans l'histoire de la peinture et des arts graphiques aux XVIIe et XVIIIe siècles en France et dans les anciens Pays-Bas, elle travaille également sur les liens entre artistes, amateurs et marchands français des XVIIe et XVIIIe siècles avec la culture visuelle des anciens Pays-Bas. Elle s'intéresse plus particulièrement à l'histoire du Marché de l'art et collections dans la France du Nord sous l'Ancien Régime envisagés dans leurs relations avec les anciens Pays-Bas (notamment l'étude des réseaux de marchands flamands actifs en France). Elle est la coordonnatrice de deux programmes internationaux de recherche : - Marchés de l'art en Europe 1300-1800. Émergence, développement, réseaux (programme reconnu par l'Agence Nationale de la Recherche) ; - International Graduate Program in Art Markets and Visual Studies (partenariat universitaire avec Duke University (NC), programme co-financé par la Fondation FACE à New York). |
Sophie Raux en février 2008 devant la façade de la Menil Collection à Houston |
Hiéroglyphe, emblème, allégorie…
Un vocabulaire usuel au XVIe ou XVIIe siècle mais bien souvent mal connu au XXIe siècle. Lors de précédentes conférences, nous avions évoqué le « symbolisme déguisé » (Panofsky) dans la peinture flamande, mais aussi des images allégoriques ou des « emblèmes » (comme les Sinnepoppen de Roemer Visscher).
Roemer Visscher, frontispice des Sinnepoppen, 1614, Houghton Library Harvard University |
Torrentius, Allégorie de la Tempérance, 1614, huile sur panneau, 52 x 50,5 cm, Rijksmuseum, Amsterdam |
Associant texte et image, l’emblème est un genre littéraire nouveau qui se développe à la Renaissance et connaît une grande fortune dans l’Europe humaniste. À la fois jeu intellectuel et véhicule d’un contenu moral, l’emblème séduit les artistes par sa faculté de « peindre la parole et de parler aux yeux » (Claude-François Ménestrier, L’art des Emblèmes, Paris, 1684).
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Le symbolisme des peintures sublimes de l'école hollandaise comme celles de Johannes Vermeer, Pieter de Hooch, Gabriel Metsu ou Samuel van Hoogstraten, s’éclaire par la tradition des emblèmes nordiques, dans leur différence avec les emblèmes italiens. |
Vermeer, La jeune fille au verre de vin (La Dame et les deux messieurs), vers 1659, huile sur toile, 78 x 68 cm, Herzog Anton-Ulrich-Museum, Braunschweig |
Vermeer, La jeune fille au verre de vin, détail du vitrail avec la Tempérance |
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Le développement de la scène de genre et de la nature morte - allant jusqu’à l’occultation du sens dans la peinture - s’appuie sur ces sources du langage emblématique qui connaîtront un développement très particulier en Hollande au XVIIe siècle. Dans les versions ilustrées de ces livres, l'emblème se présente le plus souvent sous la forme d'une triade (emblema triplex) constituée de trois parties caractéristiques : - le titre (motto), motif ou devise, est positionné habituellement au-dessus ou au-dessous de l’image ; - l'image (pictura) ou vignette ; - le texte explicatif (subscriptio), épigramme ou inscription ; Le sens de l’ensemble est déterminé par la combinaison des trois parties. La curiosité est éveillée par le titre ou par l’image ; ensuite le texte complémentaire apporte une explication logique au tout.
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André Alciat, exemple d'emblema triplex, Emblemata, Lyon, 1551 |
Titien, Allégorie du Temps gouverné par la Prudence, vers 1565, huile sur toile, 76 x 69 cm, National Gallery, Londres |
La comparaison avec l'Allégorie de la Prudence de Titien, œuvre emblématique issue de la tradition hiéroglyphique italienne, mettra en évidence l'utilisation beaucoup plus pragmatique des emblèmes dans le Nord, en relation avec la culture spécifique des milieux calvinistes. Les Italiens Francesco Colonna (Hypnerotomachia Poliphili ou Le songe de Poliphile, 1467), Andrea Alciato (Emblemata, 1531), Pierio Valeriano (Hieroglyphica, 1556, qui s'inspirent d'Horapollon, philosophe alexandrin du Ve siècle), ou Cesare Ripa (Iconologia, 1593), ont nourri les livres d'emblèmes publiés dans les anciens Pays-Bas au XVIIe siècle. Ceci nous mènera à une réflexion sur les liens entre texte et image : Quelle est l’origine du processus qui permet de créer une véritable rhétorique de l’objet quotidien ? En quoi les livres d’emblèmes ont permis aux artistes de conjuguer image avec pensée morale ou religieuse ? |
À cliquer :
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Merci madame Raux pour cette conférence superbement documentée.
Notre regard sera davantage acéré devant la peinture nordiques du XVIIe, largement inspirée de livres d'emblèmes néerlandais, souvent méconnus, dérivant eux-mêmes de livres d'emblèmes italiens comme ceux d'Alciati.
Sabine

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