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Mardi 3 mai 2005 L'intérieur du château de Belœil
Le compte-rendu est de Sylvie Membré, les photos de Sabine Wetterwald.
Le groupe se partage dans le hall d'entrée pour la visite.
Les récits et les commentaires de Carmelina Ricotta, une guide passionnée par l'histoire de ce château ont enrichi la visite d'un des groupes, l'autre a suivi un parcours type avec Isabelle Cachoire.

L'escalier d'honneur n'est pas dans l'axe de l'entrée ; cet emplacement permet d'offrir du rez-de-chaussée comme d'en haut une vue sur la vaste perspective du jardin.

La guide nous atteste la présence de la famille De Ligne dans le château ; c'est la 13ème génération. Elle nous propose de découvrir les nombreux tableaux, portraits, bustes rassemblés dans les différentes salles, qui attestent le rôle militaire, diplomatique et culturel de premier plan assuré par la famille De Ligne.

Hall d'entrée et cage d'escalier :
- Portraits de souverains du début du XVII ème siècle : Charles Ier d'Angleterre, Henriette de France, Louis XIII.
- Bustes de Charles Joseph prince De Ligne et Maréchal d'Empire

À l'étage : bustes de Voltaire, Molière, La Fontaine : la famille a toujours montré un intérêt certain pour l'art et la littérature française.

- Pendule Boulle dotée d'un mécanisme de D. Quarre.

Les appartements abritent pendant quelques jours une exposition d'amaryllis. Une fois la porte franchie, le visiteur est invité au lyrisme des sens et des sensations.

Les chasseurs d'image trouvent rassemblées dans des compositions florales aux couleurs rouge, blanche, rose, orange... des décorations monumentales, classiques, ou contemporaines.

Première chambre et Chambre du Maréchal :
Charles Joseph, naquit à Bruxelles en 1734 dans la résidence familiale (aujourd'hui disparue) ; il reçut une éducation à la française. Courtisan à Vienne puis militaire et diplomate, il est le membre le plus illustre de la famille. Il fut aussi homme de lettres. Charles Joseph s'était rendu à Saint-Petersbourg où il était tombé sous le charme de la tsarine. Il meurt à Vienne en 1814. Les chambres présentent une série de peintures qui ont trait à sa vie et les nombreux cadeaux de Catherine II de Russie (écritoire, horloge en malachite..) dont il était l'ami.
La chambre à coucher du Feld-maréchal est décorée de tapis et literie rose.

Chambre d'EPINOY :
Cette pièce porte le nom d'une seigneurie de l'Artois qui devint comté puis principauté grâce à Charles V. La plupart des meubles et objets de décoration (rafraîchissoir.. ) date du 17ème et 18ème siècle. Les trois armoires Coromantel viennent des indes. Les porcelaines de chine évoquent la richesse de la famille.
Les fauteuils, le lit (en forme de gondole), la commode sont de style régence et en bois doré. Les fauteuils plus larges et plus bas sont adaptés aux robes majestueuses et précieuses des dames.
Trois grandes tapisseries de Bruxelles d'après les cartons de Teniers Le Jeune représentent la vie pastorale. Elles témoignent de l'intérêt porté par les milieux aisés de l'époque à la vie champêtre et rustique. Pastorale; La fête de la moisson; Planter le mai (La coutume qui évoque dans la dernière tapisserie la plantation de l'arbre existe toujours.).
Sur le sol un tapis de la manufacture de la Savonnerie de 12 m de long.

Chambre d'AMBLISE :
Elle porte comme la chambre précédente, le nom d'une terre princière acquise et située dans la région de Valenciennes. Le titre de Prince d' AMBLISE est également porté par le chef de famille.
Tout le mobilier date de Louis XVI. Le lit à baldaquin qui s'apparente au mobilier fabriqué pour la reine Marie-Antoinette proviendrait par héritage de celle-ci. Le lit est petit : il était d'usage de dormir assis pour éviter que la mort surprenne dans le sommeil !
Trois tapisseries d'après les cartons de P. Wouwerman évoquent les thèmes suivants : Le maréchal ferrant, Le départ à la chasse, La fauconnerie. Les scribans (armoire en laque de chine) sont remarquables.

Galerie au 1er étage :
Portraits de famille, tableaux de bataille de grand format évoquent l'histoire de l'Europe. Parmi les bustes en marbre : celui de La Rochefoucauld et d'Elisabeth (Sissi.
Salle du conseil du Prince Eugène :
En suivant la guide nous glissons nos pas dans ceux de cette famille illustre.
Trois générations de portraitistes reconnus du 19ème siècle (les frères Winterhalter, F. Kinsoen, E.Wauters) nous offrent un admirable panorama artistique. Nous pouvons ainsi nous arrêter devant les portraits de :
- Princesse Eugène De Ligne - Princesse Louis De Ligne (mère du prince Eugène), - Princesse Ernest De Ligne, - Comtesse De Talleyrand-Périgord, - Léopold Ier, du Prince Eugène (ambassadeur à Paris). - Duchesse de Mouchy (rebaptisée Monalisa ! Son regard nous suit...)

Les peintres s'attachent à représenter les personnages dignement et prennent beaucoup de soin à traduire leur élégance grâce à une composition très posée et une palette de couleurs rigoureuse. Ils suivent les critères académiques de l'époque. Dans une pose conventionnelle et le plus souvent en pied, les hommes et les femmes en costume d'apparat sont représentés de face ; certains sont même plaqués sur le fond. Nous pouvons apprécier la finesse de la dentelle et le rendu parfait des étoffes.
Si un paysage est intégré, il s'organise autour du sujet. Un regard sur la nature accompagne rarement le portrait. Il peut contribuer à l'harmonie dégagée par le tableau ou ennoblir le personnage.
Exemples :
- souche de l'arbre derrière le sujet : symbole de la force ; - chien : symbole de la fidélité ; - ciel avec des nuages : évocation des tempêtes auxquelles le prince a résisté.
Dans cette vaste pièce, de nombreuses statues et bustes ornent les meubles et les angles. Louise Marie Ière, reine des Belges, est reconnaissable à ses anglaises !

Bibliothèque : : le Prince Albert Henri puis Claude-Lamoral Ier (vice-roi de Sicile et gouverneur général du Milanais, et le Feld Maréchal Charles Joseph De Ligne ont successivement enrichi la bibliothèque de nombreux livres. Sur deux étages, elle impose par sa dimension, sa facture en chêne et sa richesse en livres (environ 25000 ouvrages). Elle est située au rez-de-chaussée, une galerie permet de disposer des ouvrages jusqu'à hauteur du plafond.
Un escalier caché est situé sur le côté, derrière le miroir ; il permet d'accéder à l'étage. Le portrait qui orne la pièce, au dessus de la cheminée est celui du Prince Albert Henri. La guide nous assure que les héritiers de cette bibliothèque familiale continuent de préserver cette richesse bibliographique. Dans cet espace privilégié nous pouvons découvrir derrière les vitrines de nombreux manuscrits aux reliures de l'époque monastique, des livres d'histoire, de géographie, de pensées, de morale, de prix, des traductions latines, des ouvrages militaires, et une collection (assez rare) de romans du 18ème siècle.
Après les explications de la guide, le groupe se disperse. Les uns recherchent les reliures blanches qui signent des manuscrits écrits à la main ; d'autres les reliures personnalisées au nom des grands relieurs de l'époque ou aux armes de chaque génération. Des ouvrages nous montrent les notes marginales des Princes. En quittant la pièce, quelques chuchotements admiratifs : nos grands auteurs français sont présents !

Dans le couloir qui mène à la galerie Nassau, Carmelina Ricotta nous présente les portraits de souverains datant de la fin du 18ème et du début du 19ème.

Salle à manger et Salons :
Dans la salle à manger, nos jambes commencent à fléchir, mais nous ne pouvons prendre place autour de la table qui peut sur réservation accueillir 36 personnes. La décoration rassemble un magnifique tapis persan, des lustres, des fontaines décoratives et à nouveau des tapisseries de la manufacture des Gobelins :
- L'enlèvement d'Hélène de Troie : une des plus grandes du château ; 18ème siècle. - Allégorie de la gloire, avec les armes de France et de Navarre.
Une pendule en écaille de tortue, cuivre et zinc (BOULLE) sur la cheminée en marbre de Rance.
Deux natures mortes avec gibier célèbrent à leur manière le repas.
 
Salon vert des Ambassadeurs : ce salon richement décoré évoque la glorieuse carrière diplomatique du prince Claude-Lamoral au service de Philippe IV d'Espagne au 17ème siècle. Les nombreux tableaux illustrent les grands faits historiques et sociaux :
- L'entrée dans Londres (F. Duchatel ou Du Chastel) : propose une vue de Londres avant le grand incendie de 1666. Le prince et son fils le Marquis de Roubaix sont au centre de la toile dans un carrosse. - Sacre de Claude-Lamoral dans la salle du parlement de Palerme (Giannetti) - La présentation du Marquis De Roubaix au roi Charles II par le prince Claude-Lamoral(G van Tilborch)
Les peintres ont été probablement sollicités pour leur maîtrise du rendu symbolique des faits grâce à leur peinture narrative et très solennelle. De même, la vérité des attitudes et des costumes expriment aussi la vocation pédagogique et le souci documentaliste. La superposition des espaces donne une vision panoramique et très descriptive de l'événement. La foule apparaît presque sans fin mais notre regard est toujours guidé vers les éléments de premier plan...
Une pendule sur la cheminée en marbre de Rance est dénommée La liseuse.

Petit salon de Catherine La Grande : nous découvrons les nombreux souvenirs (armes ottomanes et porcelaines) qui ont été offerts par l'Impératrice au prince Charles Joseph, hôte privilégié à la cour de Russie.

La visite s'achève.
Halte à la boutique souvenir ou achat d'un bulbe d'amaryllis qui donnera rarement plus d'une hampe florale... Poussés par un vent frais et une pluie fine nous nous dirigeons vers la porte du restaurant situé dans les anciennes écuries du château : les estomacs ont faim !
" Vous n'y pensez pas, ce n'est pas l'heure ! " raconte le personnel de service.
Dans la grande entrée le premier groupe attend. L'info circule : les coffrets " amaryllis " sont moins chers si les achats sont groupés. Les dernières commandes sont ainsi faites.

Enfin la double porte s'ouvre, notre pause repas a lieu dans …la chapelle, ce lieu ajoute une richesse supplémentaire à notre visite et est d'autant plus apprécié qu'il commence à faire très frais dehors.
Rendez-vous à la page des photos de la chapelle.
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