'Les frères Goncourt coloristes, regards sur Paris et Barbizon', une conférence de Justine Jotham Imprimer Envoyer

Les Goncourt, 'Manette Salomon'

Mercredi 18 février

Delacroix, Michel-Ange dans son atelier

    Mercredi 18 février 2009 

Amphithéâtre Schumpeter à 18h00

Pôle Lamartine de l'Université du Littoral, Place du Général de Gaulle, Dunkerque 


« Les frères Goncourt coloristes,
regards sur Paris et Barbizon »

Une conférence de Justine Jotham

Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l'Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral Côte d'Opale. Le tarif plein est de 6 € ; le tarif réduit est de  3 € pour les scolaires, étudiants, demandeurs d'emploi et membres de l'Association. Nous acceptons les " Passeports Senior ".     

Justine Jotham

 


Justine Jotham, professeur au collège Jules Verne de Provins, a obtenu en octobre 2008 un Master 2 de Lettres modernes sur le roman Manette Salomon des Goncourt, sous la direction de Dolorès Lyotard à l’Université du Littoral Côte d'Opale (ULCO).

 

 


 

Les frères Goncourt

  Méryon, 'Le Stryge'

Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) de Goncourt 

Ils auraient voulu être peintres, ils ont fait carrière dans les lettres.

Belle revanche sur une vocation manquée que Manette Salomon, ce roman sur le milieu artistique du XIXe siècle. On y passe par l’île Saint-Louis, Notre-Dame, le Jardin des Plantes, les bords de Seine puis, en voiture tout le monde ! Nous voici à Barbizon.  

 

Charles Méryon, Le Stryge, 1853, eau-forte à l'encre marron foncé sur papier préparé verdâtre, 16,8 x 12,7 cm 
     

Les pages se font tableaux, les mots, couleurs : rural ou urbain, les Goncourt re-créent le paysage moderne. 

Une lentille artiste s’interpose comme un filtre qui transfigure le réel.

Le Gray, 'Chêne creux'

   

 

             

Millet, 'La méridienne'
Gustave Le Gray, Chêne creux dans une clairière. Fontainebleau, vers 1855-1857, tirage sur papier albuminé d'après un négatif sur verre au collodion, 319 x 376 mm, © Amsterdam, collection Manfred Heiting, expo BnF. La forêt de Fontainebleau devient entre 1825 et 1860 le grand atelier de peinture qui perdurera jusqu'en 1875 comme "École de Barbizon".
   
Jean-François Millet, La méridienne, 1866, crayon noir et pastel, 29,2 X 42 cm, Museum of fine arts, Boston.
La Méridienne fait partie d’une série appelée «Les Quatre heures de la journée ». Le bois gravé de Lavieille permit la diffusion du sujet jusqu’à Van Gogh.

Et parce qu’ils sont de vrais amateurs et des critiques d’art, dans ce savoureux mélange pittoresque, les Goncourt mettent un peu de Méryon, Millet, Rousseau, Watteau, Rembrandt, Hokusaï et bien d’autres encore. Autant d’artistes dont ils empruntent des techniques et dans la sensibilité desquels ils voient le moyen d’animer une toile. 

Rembrandt, 'L'Enlèvement d'Europe'
  Watteau, 'Fête d'amour'

Rembrandt, L'Enlèvement d'Europe, 1632, huile sur bois, 62 x 77 cm, Paul Getty Museum, Los Angeles

 
Jean-Antoine Watteau, 'Fête d'amour', c. 1717, huile sur toile,
61 x 75 cm, Gemäldegalerie, Dresde

Les Goncourt aiment les impressions : ce sont les nuages, la pluie, le ciel, le soleil, les saisons qui métamorphosent le rendu du paysage et font en somme « une résurrection, la Pâque des yeux ». 

 

 Hokusaï, 'Sous le pont Mannen à Fukagawa'  
Monet, 'Pont japonais'

Hokusaï, Sous le pont Mannen à Fukagawa, Edo, c. 1830, signée: "Hokusai aratame Iitsu hitsu", Collection particulière. Cette estampe d'HokusaÏ, l'une des trente-six vues du Mont Fuji, a probablement inspiré Monet.

   Claude Monet, Bassin aux nymphéas, Giverny, 1899. Ce pont japonais qui enjambe le Bassin aux nymphéas à Giverny est le sujet d'environ 45 toiles de Monet.

Pensons ce va-et-vient entre les arts comme un vaste catalogue d’exposition et apprécions les couleurs et lumières du Nord qui naissent sous la plume des frères Goncourt. 

Rousseau, 'Fontainebleau, soleil couchant   
 Manet, 'Olympia'
Théodore Rousseau (1812 - 1867),
Sortie de forêt à Fontainebleau, soleil couchant
 

Édouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile, 130,5 x 190 cm, accepté au salon de 1865, Paris, Musée d'Orsay


  À lire :

  • Les Goncourt, 'Manette Salomon'Edmont et Jules de Goncourt, Manette Salomon, 1867, Gallimard, Folio classique, 2006 ; l'intrigue fait revivre l'histoire de la peinture entre 1840 et 1860, à l'ombre d'Ingres et de Delacroix, à côté de l'Ecole de Barbizon, l'École des Beaux-Arts, la Villa Médicis, les Salons ;
  • Georges DIDI-HUBERMAN, La Peinture incarnée suivi de Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac, Minuit, 1985 ;
  • La critique d'art en France 1850-1900, Colloque international d'histoire de l'art, Faculté des Lettres et Sciences humaines de Clermont, Universite Blaise-Pascal (Clermont II), Centre de Recherches Révolutionnaires et Romantiques, Département d'Histoire de l'Art et d'Archéologie, publ. Université de Saint-Etienne, 1989. La communication de Thérèse Dolan, "Mon Salon Manet : Manette Salomon", est numérisée par Google books pages 43 à 51 ;
  • Patrick Mauriès, « La mode des japonaiseries à la Belle Epoque », Critique, Dans le bain japonais, n° 428-429, Minuit, 1983 : une lecture proposée par Frédérique Giraud.

  À cliquer :

Création de la page, choix des images, biblio et liens proposés par Sabine Wetterwald le 19 janvier 2009
sur un texte initial de Justine Jotham ; actualisation le 13 avril
 
Le programme 2008-2009 de Convivialité en Flandre : "Lumières et couleurs du Nord, impressions et variations"


Lire aussi :


Commentaires (2)add comment

Agnes Réant said:

...
Je n’ai pas pu écouter la conférence mais je suis ravie d’avoir redécouvert Les Goncourt.
Nous savons que la littérature et la peinture étaient étroitement liées vers la fin du XIXe siècle. Ecrivains et artistes vivaient en symbiose et les arts plastiques suivaient une évolution comparable à celle de la littérature.

Vincent van Gogh est arrivé à Paris au printemps de l’an 1886 et s’est installé avec son frère, rue Lepic au nord du quartier Pigalle. Sa période parisienne jusque fin 1888 a occasionné bien des rencontres artistiques comme e.a. Pissarro, Signac, Redon, Guillamin, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Gauguin, Sisley, Seurat, Monticelli. Il s’est approprié ainsi des techniques impressionnistes diverses. Il était aussi un grand lecteur des Goncourt et de Michelet, Maupassant, Zola. Ils lui ont ouvert la voie pour peindre avec les mots.
Aimant représenter les gens humbles, en allant de l’observation à la sensation en passant par l’impression, il devient un grand coloriste.
Grand lecteur des naturalistes français, il a peint quelques natures mortes avec des livres durant sa période parisienne tel que Nature morte à la statuette de plâtre et livres, 1887, avec un exemplaire de Germinie Lacerteux (1865) de Edmond et Jules de Goncourt et Bel Ami (1885) de Guy de Maupassant que vous pouvez voir sur le site The Vincent van Gogh Gallery.
Une autre nature morte de 1887, réalisée sur le couvercle ovale d'une boîte à thé japonaise, représente Braves gens de Jean Richepin, Au bonheur des dames d' Emile Zola et La fille Elisa de Edmond de Goncourt.
Post?e samedi 07 mars 2009

Jean-Christophe Vanbalberghe said:

...
Justine Jotham nous explique dans sa conférence que les peintures en tubes permirent aux peintres du 19ème siècle de sortir enfin de leur atelier et d’aller peindre, dehors, dans la nature et d’après nature.

Cela pose une question à tous ceux qui s’intéressent à la métallurgie et ils sont nombreux à Dunkerque : quelle était la matière de ces tubes ?
Aujourd’hui il sont faits d’un alliage mou à base d’aluminium. Aluminium commence comme allumé. La peinture des coloristes représente la lumière donc allume quelque chose.

Mais quand on sait comment fut élaboré le premier lingot d’aluminium au 19ème siècle, on exclut forcément qu'on ait pu fabriquer des tubes de peinture dans ce métal à l’époque des frères Goncourt et je pensais pendant la conférence à des tubes en toile huilée. Je n'ai rien dit, j'ai bien fait, c'était plus simple.
La réponse est la suivante.
On a d’abord fait des essais plus ou moins concluants avec des vessies de porc, puis en 1840 sont apparus les tubes de peinture en étain.
Comment n’y avons-nous pas pensé pendant la conférence ? Une fois qu’on le sait, l'étain le métal mou tombe sous le sens et fait rêver aux îles cassitérides.

Ainsi donc, ce métal dont le nom français autorise un joli calembour avec éteint contenait la peinture qui est justement destiné à représenter, pour notre plus grande joie, la lumière donc le contraire de l’extinction.

Post?e dimanche 08 mars 2009

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