Conférence : 'Trésor des Médicis et joyaux des collections italiennes' par Constance Bienaimé Imprimer Envoyer

Jeudi 28 février 2008

Amphithéâtre Schumpeter, Pôle Lamartine de l'Université du Littoral, Dunkerque



Trésor des Médicis et joyaux des collections italiennes


Une conférence de Constance Bienaimé

 

  

Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l'Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral Côte d'Opale.


Constance Bienaimé est historienne de l'Art et poursuit en 2007-2008 ses études en Master 2 (Recherche) à Lille 3.

Elle participe au projet d'indexation des catalogues de vente du XVIIIe siècle, en collaboration avec le Getty Museum et l'Institut National d'Histoire de l'Art (INHA).

Après avoir travaillé l'an dernier sur les collections chinoises des ducs de Chaulnes, ses recherches actuelles encadrées par Patrick Michel portent sur La Chine et les collectionneurs français au XVIIIe siècle ; "De l'objet de curiosité à l'objet d'étude : l'exemple d'Henri-Leonard Bertin (1720-1792)".

Elle s'intéresse également aux collections italiennes et a accepté de concevoir cette conférence pour notre Association.

Constance Bienaimé
Constance Bienaimé à Quend-Plage en novembre 2007
 


 
'Tassa Farnese'

Coupe Farnèse, camée en sardoine, gravé sur les deux faces, h. 200 mm, Museo Archéologico Nazionale, Naples

 

Camées de calcédoine, pierres taillées, vases de jaspe ou de porphyre, coupes d’ivoire ou d’améthyste : autant de merveilles qui ornèrent jusqu’au début du Settecento le fabuleux trésor médicéen, et alimentent aujourd’hui encore les riches collections florentines.

Les racines d’une telle pratique sont fort anciennes.

Au Moyen Âge déjà, le trésor des reliques - jalousement gardé par les représentants de l’Eglise - exerçait un profond pouvoir de fascination sur ses fidèles.

Dès le milieu du XIVe siècle, l’humaniste, l’antiquaire, le savant, s'approprient l'idée et élaborent de nouvelles formes de collections. Permettant l'accès à des connaissances innovantes, les objets recherchés se diversifient et quittent le seul domaine du religieux.

 

Des lieux mieux adaptés à leur conservation et à leur utilisation sont savamment conçus. De l’intime studiolo au présent diplomatique, l’enchantement des objets collectionnés sur ceux qui avaient le privilège de les admirer ne fut jamais démenti.

Des Farnèse aux Habsbourg, toutes les grandes figures politiques se sont illustrées par leur volonté de se constituer - au travers d’objets pour la plupart somptueux - un résumé du monde connu capable de manifester leur excellence en matière de goût et de curiosité.

La passion que les Médicis mirent dans l’accroissement de leurs collections en tout genre, et la détermination de chacun de ses membres à enrichir le trésor selon son propre goût situe indéniablement cette famille parmi les plus illustres collectionneurs et mécènes.

Émeraude

François Dujardin, Émeraude de Catherine de Médicis, 1571, monture en or émaillé, 55x40 mm, Bibliothèque nationale, Paris


 
Masque en turquoise et diamants

Masque en turquoise et diamants, argent doré et émaillé, h. 36 cm, Museo degli Argenti, Florence

  

Passionnés de peintures, sculptures, ouvrages de glyptique, orfèvrerie précieuse, les Médicis sont immédiatement associés à l'idée de mécènes fastueux.

Voyant le jour avec l’humaniste Cosme l’Ancien, les collections médicéennes trouvèrent parfait héritier avec Pierre le Goutteux puis Laurent le Magnifique.

Mais les vicissitudes de l’histoire politique contraignent les Médicis à l’exil. La plupart des pièces des collections sont emportées à Rome, où elles vont acquérir un nouvel usage sous la protection des Papes médicéens Léon X et Clément VII.

D’autres furent à jamais perdues.

  
Carafe en cristal de roche et or

Carafe en cristal de roche et or, h. 25 cm, Museo degli Argenti, Florence

 
Portraits des personnages de la cour des Médicis

Atelier de Agnolo Bronzino, Série de portraits représentant les personnages illustres de la cour des Médicis, 1555-1665, huile sur cuivre, Galeria degli Uffizi, Florence


Camée de Giovanni Antonio de Rossi
Giovanni Antonio de Rossi, Camée représentant Cosme Ier de Médicis et sa famille, onyx, 185 x 165 mm, Museo degli Argenti, Florence

Avec l’accession de Cosme Ier au pouvoir, les collections, de nouveau rassemblées à Florence, connaissent un nouveau souffle.

Le goût d’Eléonore de Tolède pour les bijoux les plus curieux, la passion de François Ier pour l’alchimie et l’attention que Cosme II portait à ses ateliers lapidaires, profitèrent incontestablement aux collections.

Elles bénéficièrent tout autant du jeu des alliances matrimoniales avec le Saint Empire et la couronne de France.

Éléonore de Tolède
Agnolo Tori dit Il Bronzino, Portrait d'Éléonore de Tolède, vers 1543, huile sur bois, Galerie nationale, Prague

 

Du Palais Pitti à la Galerie des Offices, du Palazzo Vecchio à la Tribune, Florence pouvait sans conteste s’enorgueillir de posséder l’un des trésors les plus remarquables d’Europe.

Nous avons été ravis de vous accueillir nombreux le jeudi 28 février pour découvrir ces joyaux médicéens. L'auditoire était admiratif de la qualité des images présentées montrant l'ingéniosité des créateurs ou joaillers qui entouraient les générations de Médicis qui se sont succédées. Ces artistes ont porté la glyptique ou l'art lapidaire à des sommets de virtuosité.

Merci Constance pour ce propos si agréablement construit et présenté. 

À cliquer :

À lire : 

  • MASSINELLI Anne-Marie, TUENA Filippo, Le Trésor des Médicis, Bibliothèque des arts, Paris, 2001 ;
  • IMPELLUSO Lucia, La nature et ses symboles, trad. de l'italien par D. Férault, Hazan, Paris, 2003, 2004 (Bibl. de l'Association) ;
  • KÖNIG Eberhrd, Michelangelo Merisi da Caravaggio, coll. Maîtres de l’art italien, Könemann, 1990, 1997 ;
  • CHIARINI Marco, ACIDINI LUCHINAT Cristina, SCALINI Mario, Les trésors des Médicis. La Florence des Médicis, une ville et une cour d'Europe, [exposition, Munich, Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, 4 décembre 1998-21 février 1999, Vienne, Kunsthistorisches Museum, 7 mars-6 juin 1999, Blois, Château de Blois], Somogy, Paris, 1999 ;
  • MORASSI Antonio, Le trésor des médicis. Trésors en Italie. Orfèvrerie - argenterie - pierres dures, Fribourg, Office du Livre, 1964. 
  Texte de constance Bienaimé,
liens et mise en page par Sabine Wetterwald le 29 janvier 2008,
dernière actualisation le 25 décembre
 
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