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Index de l'article
Bruges (Brugge), Musée Groeninge, église Notre-Dame, Musée Memling, Trésor de Saint-Sauveur
2 - Le Musée Groeninge de Bruges
3 - L'église Notre-Dame de Bruges et la Madone de Michel-Ange
4 - L'Hôpital Saint-Jean ou Musée Memling à Bruges
5 - Le Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur
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Mardi 9 mai 2006

5 - Le musée du Trésor de la Cathédrale Saint-Sauveur de Bruges


Nous nous arrêtons devant un splendide Calvaire avec sainte Catherine et sainte Barbe peint à l'oeuf sur bois par un Anonyme des années 1390-1400. Il est représentatif du style gothique international avec son fond doré et les attitudes élégantes des personnages.

Cependant, cette oeuvre produite dans les Pays-Bas annonce le naturalisme des Primitifs flamands avec une tendance novatrice : l'artiste tente d'exprimer les sentiments des protagonistes sans se contenter de la douceur et de l'élégance de l'art de cour de l'époque.


Calvaire des tanneurs ou des corroyeurs, tempera sur chêne, 70,5 x 141 cm, vers 1400, Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur, Bruges

Sainte Catherine à gauche, munie du glaive et de la roue de son martyre écrase du pied son bourreau l'Empereur Maximien. A droite, sainte Barbe est représentée avec ses attributs, la tour où elle fut enfermée et la palme du martyr. Toutes deux sont sur le seuil d'un édicule architecturé qui fait penser aux mansions utilisées comme loges ou maisonnettes par les acteurs qui interprétaient des Mystères médiévaux sur le parvis des églises au début du XVe siècle.

Le style brugeois se met en place. Il s'affirmera plus tard dans l'atelier de Robert campin (le maître de Flémalle) : voyez comme Jean prend la main de Marie en démontrant son affliction et observez les saintes femmes éplorées. Nous n'aurions pu voir une telle attitude dans l'art parisien de l'époque bien loin de la réalité sensible des sentiments des personnages. Les peintres de ce courant brugeois travaillent sans doute loin des cours princières pour de nouveaux clients bourgeois aux goûts plus simples et qui sont peu sensibles aux conventions artistiques en vogue à la cour.

Au début du XVe siècle, une école de peinture née à Tournai, indépendante du groupe gravitant autour de van Eyck, innove dans la façon moderne de représenter les anatomies et les expressions humaines.

Le panneau ci-dessous est l'une des copies d'une œuvre perdue de Robert Campin. Ce dernier dirige un atelier important à Tournai en début de siècle et introduit peu à peu des paysages naturalistes dans ses compositions en cherchant à résoudre les problèmes de perspective. Il maintient parallèlement une tradition archaïsante avec la persistance de fonds dorés et de cieux étoilés avec une perspective étagée qui fait penser parfois aux coulisses d'un théâtre.

Le panneau de ce copiste anonyme flamand, actif pendant la deuxième moitié du XVe siècle dans les Pays-Bas du Sud, est un bon exemple de cette tendance. Des philactères se déploient parmi de gracieux anges issus du style gothique international. Ils virevoltent en entourant la mandorle dans laquelle se dresse le Christ en croix et présentent les arma Christi de la Passion du Crucifié sur un fond sombre étoilé d'or.

Ici le donateur n'est pas séparé du monde des personnages saints latéralement en étant peint isolément sur l'un des volets comme dans le Triptyque de Seilern ou le Triptyque de Mérode.

Campin a utilisé un système de hiérarchie verticale comme dans la Virgo in sole du Musée Granet d'Aix-en-Provence. Mais cette fois, le donateur côtoie Marie dans le même espace en étant simplement figuré en taille inférieure.

Copie d'une œuvre perdue de Robert Campin, 'Intercession de la Vierge auprès du Christ en croix pour un donateur

Intercession de la Vierge auprès du Christ en croix pour un donateur, panneau de chêne, 70,3 x 71,6 cm, Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur, Bruges

Complétant notre vision de l'œuvre de Dierik Bouts, un peintre que nous avons découvert tout au long de l'année, nous avons pu détailler Le Martyre de saint Hippolyte, peint vers 1475.


Dirk Bouts et Hugo van der Goes, Le Martyre de saint Hippolyte, huile sur bois, vers 1475,
Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur, Bruges


Dirk Bouts, 'Le Martyre de saint Hippolyte'

Ce triptyque est postérieur au Martyre de saint Érasme et au Retable du saint-Sacrement - avec La Cène pour panneau central - vus à la Collégiale Saint-Pierre de Louvain en mars 2006. Il est commandé par Hippolyte de Berthoz, conseiller de Philippe le Bon, et son épouse Elisabeth Hugheins. Le peintre est donc probablement en relation avec la cour de de Bourgogne.

A la mort de Dirk Bouts, Hugo van der Goes termine le triptyque non achevé en peignant le volet de gauche avec les donateurs. Les grisailles des volets extérieurs sont ajoutées au début du XVIe siècle. L'une d'elles figure Charlemagne -grand chasseur- accompagné d'un chien.

Le magistral Triptyque de la Cène peint vers 1559 par Pierre Pourbus nous surprend. C'est la quatrième Cène que nous découvrons de Pierre Pourbus après le petit format vu au Musée Groeninge, le format intermédiaire du même thème dans le choeur de l'église Notre-Dame visitée le matin, et le tableau de l'église Saint-Eloi de Dunkerque.

Nous découvrons aussi La Mort de la Vierge, une belle copie d'un anonyme du XVIe siècle d'après le panneau peint par Hugo van der Goes détaillé dans à la page 2 de cet article au Musée Groeninge de Bruges.

Nous étions nombreux pour visiter ce musée exigu, mais connaissons maintenant le chemin pour y revenir de façon individuelle afin de mieux profiter de ses chefs d'œuvre.

À Lire :

  • CHÂTELET Albert, Robert Campin, la Fascination du quotidien, Fonds Mercator Paribas, Anvers, 1996, pp. 304-308
  • IMAÏ Soumiko, "La Virgo in sole de Robert Campin, mémorial personnel et document théologique", in Annales d'Histoire de l'Art et d'architecture, Université libre de Bruxelles, n° 27, 2006, pp. 49-64

À Cliquer :

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Les autre smanifestations de 2005-2006 sur  le thème " Renaissance et Humanisme dans les Pays du Nord ".

Création de la page par Sabine Wetterwald le 12 mai 2006, dernière actualisation le 18 novembre 2008


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