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Index de l'article
Bruges (Brugge), Musée Groeninge, église Notre-Dame, Musée Memling, Trésor de Saint-Sauveur
2 - Le Musée Groeninge de Bruges
3 - L'église Notre-Dame de Bruges et la Madone de Michel-Ange
4 - L'Hôpital Saint-Jean ou Musée Memling à Bruges
5 - Le Musée de la Cathédrale Saint-Sauveur
Toutes les pages

3 - L' église Notre-Dame de Bruges

Les commentaires sont de Monique Vyers et Colette Vanbaelberghe avec l'aide du livret sur l'église. L'église Notre-Dame abrite la ronde-bosse de la Vierge à l'Enfant de Michel-Ange mais aussi le mausolée de Charles le Téméraire et celui de sa fille Marie de Bourgogne.



L'église Notre-Dame de Bruges a été construite au XIIIe siècle à l'emplacement où s'élevait une chapelle et une église romanes. La haute tour est faite entièrement de briques. Le chœur et l'abside reflètent l'art gothique rayonnant français.




Le joueur d'orgue de barbarie égaie le parvis de l'église sous l'œil amusé des nombreux touristes.



Chœur de l'église Notre-Dame, Bruges, le Triptyque de la Passion de van Orley depuis les deux mausolées

Le chœur de l'église Notre-Dame est empli du souvenir des ducs de Bourgogne. Le magnifique mausolée gothique que Maximilien d'Autriche fit ériger pour son épouse, Marie de Bourgogne, fut achevé en 1502 et placé dans l'axe de l'église devant le maître-autel. Plus tard, Charles-Quint décida de transférer à Bruges les restes de Charles le Téméraire mort et enterré à Nancy en 1477.

Philippe II fit monter le mausolée Renaissance en 1562 à côté de celui de Marie de Bourgogne qui fut déplacé sur sa gauche. Le mausolée dédié à Charles est donc postérieur de 60 ans à celui de sa fille Marie. Durant la révolution française, l'église devint le local des Jacobins. Après les évènements révolutionnaires le chœur fut retrouvé dans un triste état. Un timbre a marqué l'événement en 1981.



Détail du Mausolée de Charles le Téméraire, 1562, Chœur de l'église Notre-Dame, Bruges,
dinandier Jacob Jonghelinck, d’après un projet de Cornelius Floris

Quatrième duc de Bourgogne, appartenant à la dynastie des Valois, Charles est le fils de Philippe III le Bon et d'Isabelle de Portugal. Lorsque Philippe III le Bon meurt, le 15 juin 1467, Charles devient officiellement duc de Bourgogne.

En 1473, Charles - que les cours européennes surnomment désormais «le Téméraire» en raison du caractère démesuré de ses ambitions - tente d'obtenir de l'empereur Frédéric III la constitution de la Bourgogne impériale en royaume, en échange du mariage de sa fille Marie avec le fils de Frédéric.

Cette volonté de puissance inquiète l'empereur, qui se tourne alors vers Louis XI pour faire obstacle au dessein du Bourguignon. Le roi de France, trop habile pour se lancer dans une guerre directe contre la Bourgogne, finance en 1474, une révolte des cités alsaciennes appuyée par les cantons suisses dotés d'une armée redoutable. Le grand-duc d'Occident meurt en 1477 devant Nancy au cours d'une escarmouche, et peu après ses États sont démembrés : Louis XI reçoit le duché de Bourgogne, la Picardie et Boulogne.




Le mausolée exécuté en style renaissance fut terminé en 1562. Les consoles, pinacles, blasons et l'épitaphe témoignent du talent des artistes qui ont ciselé le cuivre doré et enrichi d'émail le monument funéraire.

Le mausolée de Marie de Bourgogne de style gothique.(Photo S.W.)
Mausolée de Marie de Bourgogne, 1502, modeleur Jan Borman et dinandier Renier van Thienen

Marie de Bourgogne née à Bruxelles en 1457 est morte à Bruges en 1482. Elle a été enterrée dans l'église. Maximilien d'Autriche, son époux lui fit construire un mausolée terminé en 1502.

Les possessions de Bourgogne, y compris la principauté de Liège, que Charles le Téméraire avait impitoyablement soumises, passèrent sous l'autorité de sa fille Marie de Bourgogne. Marie renforça sa position en épousant l'archiduc Maximilien, futur empereur du Saint Empire romain germanique.




Les tombes maçonnées sont décorées entre autres d'un calvaire, d'une Madone, d'anges chantant d'allégresse et de saints patrons.



Bernard van Orley, Triptyque du Calvaire, ca. 1534, peinture sur bois,
restauré par Frans Pourbus en 1589

Bernard Van Orley (1488-1541), peintre de portraits et de tableaux religieux, ornementaliste, est le peintre attitré à la cour de Marguerite d' Autriche. Il est aussi célèbre comme dessinateur de cartons de tapisseries et de vitraux. Il est l'un des représentants de la Renaissance flamande fortement marquée par l'art italien. Initialement prévu pour l'église de Brou (Bourg en Bresse), le triptyque a été donné à l'église Notre-Dame.

Au centre du triptyque, La Crucifixion. Sur les volets, Le Couronnement d'épines et Le Portement de croix, puis La Déposition et La Descente aux limbes du Christ ressuscité.


 L'Adoration des bergers par Pieter Pourbus

Pierre Pourbus, L'Adoration des bergers, 1574


Pieter Pourbus est le grand-père de Frans Pourbus II dit le Jeune qu'il forma. Sur les volets figurent les portraits des donateurs J. de Damhouder et L. de Chantraines avec leurs enfants et leurs saints patrons.


La Vierge aux sept douleurs de Adrien Isenbrandt. (Photo S.W.)
Adrien Isenbrandt, La Vierge aux sept douleurs, ca. 1530

Le visage pâle et triste de Marie enveloppé dans une coiffe blanche et ses mains jointes tranchent sur sa robe de deuil qui s'étale en larges plis sur le dallage. Les sept douleurs se lisent en commençant par le bas à gauche en suivant le tour du tableau.


- La première douleur qui annonce toutes les autres est la prophétie de Siméon dans le temple de Jérusalem où il fait allusion au récit de la Passion et annonce à Marie que son âme sera transpercée par une épée au pied de la croix (Lc 2,25-35).

- la deuxième : La fuite en Égypte (Mt 2,13-15).

- la troisième : La disparition de l'Enfant Jésus au temple pendant trois jours (Lc 2,41-52).

- la quatrième : La rencontre de Jésus portant la croix et montant au Calvaire (Lc 23,27).

- la cinquième : Marie debout au pied de la croix (Jn 19,25-27).

- La sixième : La remise du corps inanimé du Fils à sa Mère à la descente de la croix (Jn 19,38-40).

- la septième : Marie au tombeau de Jésus dans le sépulcre (Jn 19,41-42).



Autel baroque avec la Vierge à l'Enfant, Michel-Ange


La ronde-bosse de la Vierge à l'Enfant se trouve dans une niche sombre de l'autel latéral. Encadrée par une décoration baroque, c'est la seule qui ait quitté l'italie du vivant de Michel-Ange.



Michel-Ange, Vierge à l'Enfant, 1504


La Vierge apparaît comme une mère, assise tranquillement, le visage rayonnant de beauté intérieure, le regard recueilli. Son attitude sérieuse contraste avec l'aspect enjoué de l'Enfant. D'un geste de protection elle met un manteau gracieusement drapé autour de Jésus qui s'appuie doucement sur elle.

La Madone a été achetée en Italie par le marchand brugeois J. Mouscron qui repose maintenant avec sa famille au pied de l'autel.

Cette ronde-bosse célèbre dans le monde entier a été enlevée plusieurs fois par les occupants français et allemands mais a toujours pu regagner sa place dans l'église.

Vous pouvez utiliser l'index de l'article en haut de page pour naviguer. La suite de la chronique se poursuit page suivante avec les photos du Musée Memling - Hôpital Saint-Jean à Bruges.

Création de la page par Monique Vyers le 12 mai 2006, dernière actualisation par Sabine Wetterwald le 11 novembre 2008