Château de Belœil et Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines - Hôpital Notre-Dame à la Rose : 28 photos de l'intérieur Imprimer Envoyer
Index de l'article
Château de Belœil et Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines
Château de Beloeil : 6 photos de l'extérieur
Château de Beloeil : 21 photos de l'intérieur
Château de Beloeil : 5 photos de la Chapelle
Hôpital Notre-Dame à la Rose : 16 photos de l'extérieur
Hôpital Notre-Dame à la Rose : 28 photos de l'intérieur
Toutes les pages

Mardi 3 mai 2005 à Lessines
L'intérieur de l'Hôpital Notre-Dame à la Rose

Le commentaire est de Nicole Vanhoucke, Agnes Réant-Roseel et Régine Deleye, les photos de Sabine Wetterwald.




Premier étage l'aile est (longeant la Dendre)

L'ancien dortoir de la communauté s'est transformé en salle de la vie conventuelle.


Nous sommes accueillis par les portraits des principales prieures de la communauté. Ces portraits ont des symboles communs : le livre à la main (le savoir) et un crâne (la vanité).

Parmi ces portraits celui de Charlotte Carton (17ème siècle) et de Sœur Marie-Rose, 69 ans en 1921 réalisé par un peintre pointilliste qui la rend très présente (voir le portrait plus bas).

Dans la deuxième partie de la salle figurent deux tableaux de Marie-Madeleine, l'un représente une Marie-Madeleine, le modèle, et une Marie-Madeleine en méditation à la Sainte-Baume. Nous visitons ensuite deux cellules meublées, celle monacale d'une simple religieuse et celle plus riche d'une prieure.

Nous nous arrêtons devant un tableau anonyme (huile sur bois) de la deuxième moitié du 16ème siècle, une allégorie de la vie religieuse.




Ce tableau illustre l'opposition entre le monde et le cloître au XVIe siècle, s'inscrivant dans la mouvance de la contre-réforme. C'est un livre d'école pour toute future religieuse. Les aspects moralisateur et didactique sont doublement présents avec d'une part le principe de l'allégorie, d'autre part des petits textes (des cartouches).

Voici un tableau représentant La lactation de saint Bernard, où saint Bernard est agenouillé devant Marie allaitant Jésus. Elle lui envoie un trait de lait sur la lèvre (origine de sa faconde).




D'autres tableaux attirent notre regard :

Jésus Christ aux seins : Jésus est homme et femme, il est le père et la mère de l'humanité ; on l'appelle mystique féminin représentant l'amour total dans un couvent de femmes.




Nous voici à l'aile nord où est conservé un ex-voto daté de 1670 commémorant l'épidémie de peste faisant ravage au 17ème siècle. Ce tableau montre saint Eloi qui intercède auprès de Marie en faveur des pestiférés.

Des reliquaires de sainte Ursule et de saint Eloi.

Cinq crédences : une crédence est un meuble où l'on enferme les victuailles. On cherchait à se protéger des empoisonnements qui n'étaient pas forcément intentionnels mais plutôt dus à l'hygiène, eaux et nourritures souillées. Ces biens précieux sont des donations effectuées par l'illustre dame prieure Jeanne Duquesne.

Nous nous dirigeons vers l'aile ouest où nous découvrons diverses salles présentant chacune "leur petite histoire".


 width=

Cette Pietà nous en rappelle une autre de la même époque, que nous avions admirée au Musée communal de Nivelles. Vous pouvez aller la voir sur ces pages en cliquant sur la sortie Nivelles du 24 janvier 2005.


La bibliothèque

C'est une salle d'étude comprenant deux meubles précieux : un garde manger et un meuble clouté du 16ème siècle. Sur le garde manger trône un buste sculpté d'un Christ souriant . Aux murs deux paysages du maniériste flamand David Vinckboons dont l'Arbre aux Pinsons (Malines 1576 - Anvers ± 1629). La cheminée est garnie de carreaux de Delft. Sur la table sont exposés des livres de méditation et de médecine (Ambroise Paré) et une Pharmacopée.


La chambre Saint Augustin

Chambre avec maître autel servant à l'accueil des prêtres. Elle conserve des livres religieux dont une bible éditée par Plantin Moretus et des livres de prières de Sœur Jeanne Duquesne. Elle servira de chapelle clandestine pendant la révolution.


L'appartement d'apparat de Monseigneur

Quartier de l'archevêque de Cambrai, cet appartement était destiné à recevoir la noblesse de passage. Il est somptueusement décoré et meublé. Nous y trouvons une copie de Notre Dame de Grâce de Cambrai du XVe siècle.




Cette icône aurait été offerte par Fénelon à la communauté car l'hôpital relevait du diocèse de Cambrai jusqu'au début du 19ème siècle. Par ailleurs une crédence et un cabinet de toilette avec lingerie.




En passant par le vestibule nous remarquons deux tableaux pour cacher les conduits de cheminée : l'un montrant le jeu du chat et la souris (une allégorie du bien et du mal) et l'autre un jardin et une minuscule scène galante. En face un bouquet. Ces tableaux constituent les seules œuvres profanes de l'hôpital.

En continuant notre promenade, nous traversons les salles des malades pour aller prendre notre goûter.




La pharmacie

Nous revenons à la pharmacie de la fin du XIXe siècle : une jeune sœur pharmacienne y travaille toujours accompagnée d'une plus âgée et plus expérimentée qui lui apprend son métier. Nicolas Lemery est le père fondateur de la pharmacopée moderne.

Un remarquable échantillon de la pharmacie de l'époque nous attend ici. Les deux grands corps d'armoires et leurs étagères recèlent une impressionnante collection de bouteilles, de pots en porcelaine et de boîtes qui recevaient autrefois sirops, lotions, pilules, onguents et cataplasmes… Parmi ces médicaments étonnants, nous découvrons la fameuse Helkiase, créée par la prieure Marie-Rose Carouy, utilisée pour traiter les maladies de la peau et ulcères.




Sœur Marie-Rose (Zélie Carouy) fait tout pour sauver l'hôpital. Elle commercialise son produit en 1899, l'hôpital Notre Dame des Pauvres change de nom et devient Notre Dame à la Rose. Elle rajoute une rose aux trois roses de gueules des armoiries.

Nous continuons notre circuit en arpentant les cloîtres restaurés en 1888. De style gothique c'est un espace de silence et de sérénité, propice jadis à la méditation avec vue sur le jardin et le clocher de la chapelle de style baroque.


Le cabinet de la prieure

C'est le bureau de la dame prieure de la communauté où elle reçoit les visiteurs et livreurs, appelé encore l'économat. Nous apercevons au-dessus de la porte d'entrée un tableau représentant un portrait d' Anne-Jacqueline Gontier dont les yeux nous intriguent.




Son nom de religieuse est Justine Scolastique. C'est un tableau espion : les deux yeux sont troués afin de voir sans être vu. Anne-Jacqueline Gontier est religieuse à la fin du 17ème à l'Hospice Comtesse. Il pourrait donc y avoir des liens de parenté entre les deux communautés. Nous tenterons de nous renseigner quand nous visiterons l'Hospice Comtesse.

Ce cabinet est garni entre autres d'un meuble bibliothèque namurois ; d'un meuble liégeois de 1740, un garde-manger monté sur pieds boules pour le protéger des rongeurs ; d'un martyrologe (livre des martyrs) du XVIIe siècle en papier chiffon ; d'un ouvrage lune.




La salle des étrangers

C'est une salle réservée à l'accueil des pèlerins, elle fait aussi fonction de chapelle ardente. Nous y contemplons une statue en bois du 17ème représentant saint Roch.




Ce médecin prié contre la peste porte les habits et le bâton de pèlerin, et présente un bubon sur la cuisse. Il est accompagné du chien de sa légende qui lui apporte un pain chaque jour pour le nourrir.


Voici un triptyque du XVIe siècle (1504) avec un portrait des parents de Sœur Jeanne de le Rivier.




A gauche, Laurent, le père de Jeanne est représenté avec son saint patron et son grill, au centre, La Trinité, à droite Jeanne, la mère de la religieuse Jeanne, avec son patron saint Jean qui tient la coupe contenant les serpents empoisonnés qui ne le piqueront pas.

Ce thème de La Trinité nous est familier, et nous pensons à La Trinité du polyptyque d'Anchin, et à La Trinité du triptyque de Marchiennes que nous avons vues avec le même style de schéma de composition pour Jean Bellegambe au début du XVIe siècle.

Si vous voulez en savoir plus sur Jean Bellegambe et revoir les deux polyptyques de La Trinité et d'autres œuvres majeures conservées de ce peintre, cliquez ici pour vous rendre sur la page de notre site dédiée à cet artiste à l'occasion de la conférence Jean Bellegambe de février 2005.




Saint Blaise est représenté avec son attribut le cardeur, une statue en bois de sainte Ursule la représente portant le bateau avec les onze vierges de sa légende.


L'infirmerie (ouverte jusqu'en 1987)

C'est ici que les religieuses de la communauté étaient soignées quand elles étaient malades. La pièce est aménagée sobrement : un simple lit, un cordon d'appel. Au mur un tableau, sujet de vanité du XVIIe siècle : Hic Oculos (regarde-moi).




Un petit Jésus (statuette en bois appelée poupée de Malines) est posé sur le meuble.




En continuant notre promenade nous découvrons alors :


Le réfectoire de la communauté

Cette majestueuse salle du XVIe siècle se trouvant le long de la Dendre, est entièrement restaurée : lambris, fenêtres, parquets, plafonds ainsi que les 14 tableaux représentant la Vie et la Passion du Christ. Y sont exposées de belles pièces d'orfèvrerie religieuse et civile dont le calice de Jeanne Duquesne.




C'est un lieu de méditation et de nourritures terrestres où à une longue table austère, les religieuses mangeaient en silence, en écoutant le martyrologe lu par une sœur. Ce réfectoire est relié à l'ouvroir voisin par une cheminée de style gothique à double foyer. Nous admirons les trois tableaux de l'Ecole de Rubens (1646) et un tableau La Cène de Pieter Coeck van Aalst du XVIe siècle, représentant un moment de la dernière Cène où Jésus annonce qu'il va être trahi par un des apôtres.

Nous terminons notre circuit par le triptyque des salles consacrées aux soins de l'âme et du corps.


La chapelle

Au Moyen Âge, on concevait la maladie comme la conséquence des péchés. La maladie était une punition de Dieu. Ainsi, la guérison était indissociable de la purification de l'âme (communion et confession). Avant d'entrer dans la salle des soins les malades étaient lavés.




Au couronnement du maître-autel : à gauche, la Foi porte le calice, au centre, la Charité sous les traits de saint Augustin tenant son coeur enflammé porte un livre avec l'inscription Charitas, à droite, l'Espérance tient une ancre.




Le tableau d'autel, L'assomption de la Vierge, est peint par Le Roy en 1866. Représentative de l'art de la contre-réforme, la chapelle est dédiée à saint Eloi et sainte Ursule.




La chapelle de style baroque est entièrement restaurée : plafonds avec poutres sculptées, boiseries, baies vitrées, statues colossales, de marbre, de bronze et d'or, forment un décor éblouissant.




Nous contemplons le maître-autel en chêne, la statue de saint Augustin tenant le livre de charité, saint Eloi, sainte Ursule, saint Joseph couronné (très rare) portant le Christ.




Nous traversons la chapelle et accédons à la première salle des soins qui est une reconstitution de l'hôpital pneumatique du Moyen Âge. On pratiquait la médecine des humeurs d'après la théorie d'Hippocrate.




Le lavement, par injection rectale d'eau épicée suivie de purge, était administré pour soigner les maux que l'on pensait dus à un déséquilibre humoral. Il faut purger les humeurs : le lavement est un moyen d'évacuer les humeurs viciées et de nettoyer les entrailles.

L'air doit être pur, c'est pourquoi on a créé des salles hautes.

Nous remarquons des alcôves avec des tentures rouges.




Le lit est fait d'un matelas de fougères et un drap pouvant contenir trois malades, la tête orientée vers la chapelle. La salle était mixte. Des seaux de braises saupoudrés d'encens servaient à purifier l'air. Aux murs sont accrochés de grands tableaux. La table est dressée avec de la vaisselle en étain (le plomb provoque le saturnisme !). Au fond de la salle se trouve un lit bâtard pour les soins intensifs.




La deuxième salle des malades (Ancien Régime) présente l'évolution du cadre de vie des malades et l'art de soigner à travers diverses collections d'instruments médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques depuis l'Ancien Régime, donc au XIXe siècle.




L'opération de trépanation permet d'intervenir sur la boîte crânienne en perforant la tête. Pratiquée depuis le troisième millénaire avant Jésus-Christ, cette opération avait de réelles chances de succès si le chirurgien habile parvenait à ne pas endommager le cerveau...


La médecine va faire des progrès considérables, la science prend petit à petit le pas sur le religieux...

Commentaires (0)add comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security image
Entrez les caractères affichés


busy