Courtrai (Kortrijk) et André Beauneveu - 17 photos de l'église Notre-Dame Imprimer Envoyer
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Courtrai (Kortrijk) et André Beauneveu
25 photos prises en ville ou à l'Hôtel-de-Ville
17 photos de l'église Notre-Dame
3 photos du Jardin international des roses
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Jeudi 14 septembre 2006
L'église Notre-Dame de Courtrai ( Kortrijk )
André Beauneveu à la Chapelle des comtes de Flandre

 

Au cours de notre visite guidée de Courtrai, nous visitons l'église Notre-Dame.

Aux abords de l'église, un groupe sculpté représentant un couple nous étonne.

Nos guides nous expliquent qu'il représente la Jeunesse.

La jeune femme tient un fil de lin, allusion à l'histoire de la cité, tandis que le jeune homme tient dans le dos un éperon d'or, symbole de la célèbre bataille et de la résistance à l'ennemi.


'De Jeugd', un groupe sculpté près de l'église Notre-Dame
    
L'église Notre-Dame, photo Sabine Wetterwald

Louis de Male, père de Marguerite de Flandre, y a fondé une chapelle, la Chapelle des comtes de Flandres. Cette fille unique, Marguerite de Flandre, a épousé en seconde noce Philippe le Hardi en 1369, après la mort de son premier époux Philippe de Rouvres à 15 ans en 1361, alors qu'elle avait 11 ans.


De splendides fresques insérées dans des arcatures trilobées ornent la Chapelle des Comtes de Flandre.


Détail d'une fresque de la Chapelle des Comtes de Flandre, photo Sabine Wetterwald

Ici, le père de Marguerite -Louis de Male- est représenté couronné, l'épée à l'épaule, avec son écu arborant le lion. A ses côtés se tient sa fille Marguerite de Flandre avec son époux Philippe le Hardi. Sur la main droite de la jeune femme est perché un oiseau -probablement un faucon- signe de noblesse. Elle tient une marguerite dans la main gauche, allusion à son prénom.

Son époux Philippe le Hardi dresse son épée. Les lys des Valois sur son écu rappellent son origine royale par son père le roi de France Jean le bon.


Détail d'écoinçons au-dessus des fresques de la Chapelle des Comtes de Flandre, photo S.W.

Aux écoinçons de ces arcatures trilobées s'insèrent des scènes sculptées historiées, profanes ou non. Nos guides ne peuvent les expliquer, et nous indiquent qu'un travail de recherche est en cours à ce sujet.

Cher lecteur, si vous pouvez identifier ces scènes, n'hésitez pas à nous contacter pour le titrage de cette photo.


      
'Sainte Catherine', André Beauneveu, vers 1373, photo S.W.
      

Nous avons beaucoup entendu parler du sculpteur André Beauneveu, né à Valenciennes vers 1330, qui travailla à la fin de sa vie pour le duc Jean de Berry. Il meurt à Bourges vers 1405. Nous ne sommes pas déçus par la ronde-bosse représentant sainte Catherine d'Alexandrie, le point d'orgue de notre visite.

Elle fut commandée par Louis de Male à l'artiste en hommage à la sainte vers 1373, car Louis était né le 25 novembre, jour de la fête de sainte Catherine.

Cette sculpture en albâtre est gracieuse et élégante. Catherine est représentée avec la roue dentée de son supplice, et le glaive du martyre qu'a organisé l'empereur Maximien.

L'artiste a trouvé une solution originale pour représenter le persécuteur aux pieds de Catherine. Il est maintenu par le glaive que tient la jeune fille, mais aussi par son pied fin et délicat. Il se tient la tête à deux mains, les yeux fermés.

Nous sommes admiratifs devant la maîtrise du travail de l'albâtre. La chevelure et le drapé fluide sont traités avec délicatesse. Le visage est expressif.

       

Sainte Catherine maintient Maximien de la pointe du pied et du glaive. L'empereur se repent-il du supplice qu'il a organisé ? Photo S.W.

Avec cette élégance courtoise, André Beauneveu ouvre un courant spécifique du style gothique international, qualifié de "style adouci". Ce style évoluera avec les productions artistiques de 1380 à 1420 sur le modèle des belles Madones. Roland Recht le caractérise par une "esthétisation des comportements et des attitudes dont l'art fixerait l'expression la plus raffinée".

Ensuite viendra un courant plus réaliste avec le style vigoureux et expressif de Sluter ou de Claus de Werve que nous détaillerons à Dijon, autour des vestiges de la Chartreuse de Champmol et du tombeau de Philippe le Hardi.

Rendez-vous au bas de la page pour faire connaissance avec les enluminures d'André Beauneveu.


      
L'église Notre-Dame, photo Christine.Joseph.
      

Les premières pierres de l'égise Notre-Dame ont été posées au XIIIe siècle quand Baudouin IX décide de transformer une chapelle dédiée à la Vierge et située dans le verger de son chateau, en église capitulaire.

En 1203, l'évêque de Tournai installe un chapitre de douze chanoines et un doyen.

Vers 1250, on construit la nef centrale, les deux bas-côtés et les deux tours en style gothique de Tournai.

Vers 1300, on ajoute au choeur, un déambulatoire et des chapelles absidiales.

Après le Concordat, elle devient église paroissiale en 1803.
            


Lion héraldique et éperon. (Photo C. J.)     Les éperons sont des copies bien sûr ! (Photo C. J.)

Sur la voûte du déambulatoire furent suspendus les éperons d'or des chevaliers français morts à la batailledite Bataille des éperons d'or en 1302.

Après la bataille de 1382 à West-Rozebeke, les français récupèrent les éperons et les transfèrent dans une église de Dijon.

Vous trouverez plus de détails sur ce 11 juillet 1302 sur le site Hérodote

 

L'Annonciation      La Visitation


La chapelle de la Vierge fut construite en 1418-1421 pour être lieu de prière et bibliothèque du doyen du chapitre. Au-dessus de l'autel, de chaque côté d'une Vierge de l'Apocalypse, deux tableaux de l'Anversois Casper de Crayer (1584-1669) : une Annonciation et une Visitation.


Dans la représentation de l'Annonciation, l'artiste insiste sur la modestie, sur le trouble de Marie devant la nouvelle si inattendue que lui apporte l'archange.

L'action du Saint-Esprit et le caractère surnaturel de la scène sont marqués par la présence d'une colombe.

Gabriel offre un lis à Marie qui tient le Livre ouvert sur la table.

Le trouble (mélange de frayeur et de surprise) est le premier des cinq moments du Colloque angélique. Viennent ensuite l'interrogation, la réflexion, la soumission et le mérite, décrits par Fra Roberto dans ses sermons au Quattrocento.


Le Mystère de la Visitation, est celui d’une double rencontre : celle de deux femmes, Marie et Élisabeth, et celle de deux vies à venir, Jésus et Jean-Baptiste, sous le regard de Zacharie.


Notre Dame des sept douleurs (Photo C. J.)      La mère et l'enfant(Photo C. J.)


Dans la chapelle de la Vierge, trois vitraux représentent les Mystères marials, douloureux, joyeux et glorieux (le couronnement de la Vierge).


Le monument funéraire du chanoine Pieter de Meulenaere, décédé en 1719

Le monument funéraire est couronné par une Allégorie de la Mort avec un sablier, symbole traditionnel du passage du temps. Des ailes se déploient de chaque côté. Le sablier comporte régulièrement des ailes de colombe ou d'ange, tous deux messagers de Dieu, comme si l'instrument de la mesure du temps devenait, avec le décès, l'âme que la colombe ou l'ange va acheminer au ciel.


Le monument funéraire du chanoine Roger Braye, décédé en 1632

Le monument funéraire est couronné par une Allégorie du Temps. Un vieillard coupe à la faux le fil du temps. Le Temps peut être représenté par un personnage à deux visages tenant une faux et un sablier.


Erection de la Croix peint par Antoon Van Dyck en 1631

Dans le transept nord, le tableau d'Antoon Van Dyck L'Erection de la Croix a été commandé par le chanoine Roger Braye. Ce tableau fut emporté au Louvre à Paris durant la révolution française. Après le traité de Vienne, il revient à Bruxelles et en 1817 à son lieu d'origine à Courtrai. Il est volé en 1907 et retrouvé dans une charrette à Pittem.

Sir Anthony (Antoon) Van Dyck (22 mars 1599, Anvers - 9 décembre 1641, Blackfriars, près de Londres) était un peintre, surtout portraitiste, Flamand, qui devint le principal peintre de cour en Angleterre. Il était aussi un maître de la gravure à l'eau-forte.


A cliquer :

 

  • L'arbre généalogique des comtes de Flandre et de Hainaut sur le site d'héraldique Heratlas.
  • Des photos de l'église Notre-Dame sur le site Belgiumview.
  • Une Tête d'Apôtre conservée au Louvre pour laquelle l'attribution à l'atelier d'André Beauneveu pose question. Vous pourrez y observer ce goût pour l'ornement dans le traitement de la barbe et de la chevelure, typique du style adouci de Beauneveu. Cette tête a été commandée par le duc Jean de Berry, l'un des trois frères de Philippe le Hardi. Le duc de Berry avait su attirer André Beauneveu à Bourges pour les dernières années de la vie de l'artiste. La Tête d'Apôtre est détaillée dans le dossier "Sculptures du Moyen Age" sur le site du Louvre.
  • André Beauneveu est aussi connu pour son incursion dans le monde de l'enluminure. Quatre images du Psautier du duc de Berry peint vers 1380, peuvent être agrandies sur le site de Gallica. Le décor est attribué en partie à Jacquemart de Hesdin, et les grisailles au sculpteur André Beauneveu. Deux autres enluminures de ce psautier à agrandir sur le site de la Webgallery.
  • Voyez un exemple de belle Madone : la Vierge de Montcoquet vers 1410, conservée au Musée Anne de Beaujeu de Moulins.