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Mardi 22 novembre 2005

au LAAC, Lieu d'Art et d'Action contemporaine à Dunkerque

Partenariat avec le LAAC et le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque

« L'éloquence du secret »

Les enjeux politiques et esthétiques au milieu du XVIIe siècle,

à propos du tableau Allégorie d’un ministre parfait d' Eustache Le Sueur,

1653, conservé au Musée des Beaux-Arts de Dunkerque

Une conférence d'Éric Méchoulan



Éric Méchoulan est enseignant-chercheur en littérature du XVIIe siècle à l'Université de Montréal et directeur de programme au Collège international de Philosophie, Paris.

Il s'est intéressé à cette œuvre dans le cadre d'une recherche sur l'histoire de la relation entre écriture, arts et politique au XVIIe siècle.

Le Sueur, 'Allégorie d'un ministre parfait

Eustache Le Sueur, Allégorie d'un ministre parfait,
1653, Musée des Beaux-Arts de Dunkerque, photo Sabine Wetterwald


Le tableau a été déplacé au LAAC pour l'occasion.

Le forum du LAAC est un espace splendide et vaste qui se prêtait admirablement à cette conférence conviviale.

Monsieur Méchoulan a montré

  • comment on fait pour représenter Mazarin sans faire son portrait,
  • ce qu'est une allégorie ou un parfait ministre,
  • en quoi le secret est essentiel autant à la politique qu'à la peinture,
  • comment un tableau parvient à devenir éloquent, mais aussi comment la représentation classique peut en être déconstruite.

 


Vos réactions élogieuses ont été unanimes : Éric Méchoulan a su faire parler le tableau avec brio.

Nous ne pourrons plus le voir avec indifférence au Musée des Beaux-Arts de Dunkerque.

Après avoir rappelé les codages allégoriques, les caractéristiques de Le Sueur dans son milieu de production, sa carrière dans le cadre du mouvement atticiste parisien, le conférencier a davantage posé les problèmes de méthode - sur le titre par exemple - et situé cette toile sur le fond du contexte historique à la fois politique - Fronde, Mazarin, mazarinades - et sociologique des peintres. C'est en effet le moment de l'accession des artisans au statut d'artistes avec les luttes entre la Maîtrise de Paris et l'Académie de peinture.
Monsieur Méchoulan termine son exposé sur la notion de puissance matérielle du mutisme propre à la peinture.

Eric Méchoulan à côtè du tableau de Le Sueur

 

Quatre mystérieux personnages...

Et cet ovale clair sous le lobe de l'oreille du Secret, étonnant du point de vue de l'éclairage et des règles de perspective, renvoie-t'il aux discussions de l'époque sur le point de l'ovale ?

Avec le doigt sur la bouche, Le Secret nous indiquerait-il que cette peinture est une poésie muette ?


Une assemblée attentive...
Les questions soulevées autour du tableau continuaient à l'issue de la conférence et il a été bien difficile de mettre les passionnés à la porte !

Merci à Aude Cordonnier et à l'équipe des musées de Dunkerque pour leur coopération à la réussite de cet événement, sans laquelle cette conférence n'aurait pu avoir lieu dans de telles conditions d'excellence. La possibilité d'avoir l'œuvre à portée de regard a largement contribué au succès de la soirée.
... Et séduite par l'érudition et le propos du conférencier.

À cliquer :

  • La page du site Artcyclopedia.com. Les travaux d'Eustache Le Sueur y sont recensés dans les musées du monde entier et vous aurez accès à ses œuvres par des liens directs. Regardez bien le tableau des Muses, Clio, Euterpe et Thalie. Son schéma de composition présente bien des similitudes avec notre Parfait ministre.
  • Le service photo de la Réunion des Musées nationaux. Avec l'outil de recherche et les mots clés "Le Sueur" et "ministre", vous trouverez la photo du dessin préparatoire de Le Sueur pour Le Ministre parfait. Vous pourrez agrandir ce dessin au crayon noir mis au carreau. Soyez attentif : un cinquième personnage ailé à l'arrière-plan apparaît sur ce croquis préparatoire alors qu'il ne figure pas sur l'œuvre définitive.
  • Vous avez oublié la signification des mots allégorie, métaphore, image, symbole, personnification ? Une fiche de synthèse regroupe toutes les figures de style sur le site de l'Académie de Grenoble.
  • Laurent de la Hyre (Paris 1606-1656) et Eustache Le Sueur (Paris 1616-1655), sont deux des principaux représentants de l'Atticisme parisien. Marqués par l'exemple du Maniérisme de Fontainebleau, ces artistes insèrent des personnages antiquisants au sein de compositions rigoureuses. Ce courant développe un classicisme épuré à partir des années 1640 en réaction à la manière fougueuse de Simon Vouet ; un groupe d'artistes adopte une conception raisonnée et logique de la peinture sous l'influence du séjour de Poussin en France et de la vogue des œuvres de Raphaël.
    Pour en savoir plus, lire aussi L'atticisme parisien : réflexions sur un style, éloge de la clarté, un courant artistique au temps de Mazarin, 1640-1660, Alain Mérot, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1998.

Rédaction de la page et mise en ligne par Sabine Wetterwald le 5 novembre 2005,
actualisation et vérification des liens le 17 janvier 2017

Le programme de Convivialité en Flandre en 2005-2006 : Renaissance et Humanisme dans les Pays du Nord


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