Conférence : Impressionnisme et Pointillisme, la révolution optique par Constance Bienaimé Imprimer Envoyer

 

Mardi 13 janvier 2009

Monet, 'Gare Saint-Lazare'

Seurat, 'Poseuse de dos'

   

Mardi 13 janvier 2009

18h00 - Amphithéâtre Schumpeter, Place du Général de Gaulle, Dunkerque 

« Impressionnisme et Pointillisme,
la révolution optique »

Une conférence de Constance Bienaimé

 

Membres ou non de l'Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de l'Université Populaire de la Côte d'Opale, en partenariat avec l'Université du Littoral Côte d'Opale. Le tarif plein est de 6 € ; le tarif réduit est de  3 € pour les scolaires, étudiants, demandeurs d'emploi et membres de l'Association. Nous acceptons les " Passeports Senior ".

Constance Bienaimé

 

 

Vous aviez apprécié l'intervention en février dernier de Constance Bienaimé à propos du Trésor des Médicis et des joyaux des collections italiennes.
Constance a obtenu en 2008 un Master 2 d'Histoire de l'Art à l'Université de Lille 3. Elle est maintenant Assistant Ingénieur en gestion du Patrimoine Scientifique, Technique et Historique de cette Université.

Ses recherches en vue d'une thèse portent sur les collections exotiques du XVIIIe siècle.

 



Manet, 'Émile Zola'

  Tubes de couleur

« Qu’est-ce que cette odalisque au ventre jaune, ignoble modèle ramassé je ne sais où, et qui a la prétention de représenter Olympia ? Olympia ! Quelle Olympia ? »
    Les détracteurs furent nombreux, et plus encore passionnés, à injurier l’audace, la force neuve et révolutionnaire de la rupture qui s’annonçait en cette fin de XIXe siècle. Là où le tableau tenait de la fenêtre ouverte, l’impressionnisme a déconstruit, balayé une conception de l’espace et de la matière inadaptée au visage d’une société en plein bouleversement.  

L’artiste impressionniste, ce singe, cet aliéné, ce communard, ainsi surnommé par la critique contemporaine, dérouta.

Rendre au regard son autonomie, libérer le spectateur de ses repères intellectuels et faire fi de la ressemblance à la belle nature, telles étaient ses revendications. En déplaçant le point de vue habituel du tableau et en ôtant à la couleur sa fonction descriptive pour en devenir le sujet principal, l’Impressionnisme ou, plus justement les impressionnismes, se sont attachés à une parcelle limitée du monde naturel et en ont observé les lois.

Cézanne, 'Baigneuses'
 catalogue, première exposition de 1874 Cézanne, 'Autoportrait au chapeau'

L’influence de la photographie, les nouvelles théories de Chevreul sur la couleur, la découverte des estampes japonaises et l’apparition du marchand de couleurs ont alors stimulé et encouragé le peintre à « conserver vivante la première impression », en peignant alla prima et sur le motif.

Monet, 'Gare Saint-Lazare'
Claude Monet, Gare Saint-Lazare, 1877, huile sur toile, 74 x 54 cm, National Gallery, Londres

 

Monet, 'Parlement, Effet de Brouillard'
Claude Monet, Parlement, Effet de Brouillard, 1904,
82,6 x 92,7 cm, Museum of Fine Arts, Saint-Petersbourg

 

 Jongkind, 'Coucher de soleil en Hollande'
Johan Barthold Jongkind (1819-1891), Coucher de soleil en Hollande, détail, huile sur toile, Reims, Musée des beaux-arts, photo Sabine Wetterwald

L’impressionniste et à travers lui le spectateur - heurté avant d’être conquis - est parvenu à se faire un œil neuf et à rattacher aux seules couleurs et à leur rassemblement la capacité de repérer et de définir les motifs au sein du tableau.

En marge de l’art de leur époque, l’Impressionnisme et le Néo-impressionnisme sont l’objet aujourd’hui de la reconnaissance publique et institutionnelle, au point que leur remise en question de la figuration ne nous surprend plus.

Seurat, 'Poseuse de dos'
Georges Seurat, Poseuse de dos, 1886, huile sur toile, 24,5 x 15,5 cm, Paris, Musée d'Orsay

L’invitation à revisiter les mécanismes d’une telle révolution, et à revivre pas à pas les passions et les solutions de ces peintres audacieux est ainsi lancée.


Fantin-Latour, 'Un atelier aux Batignolles'

 

J'ajoute le 16 janvier ce tableau de Fantin-Latour significatif du mouvement impressionniste.

Henri Fantin-Latour (1836-1904), Un atelier aux Batignolles, 1870,
huile sur toile, 204 x 273,5 cm, Paris, musée d'Orsay
 
De gauche à droite, le peintre allemand Otto Schölderer, Manet à son chevalet, Auguste Renoir au chapeau, Zacharie Astruc, sculpteur et journaliste, Émile Zola, Edmond Maître, Frédéric Bazille et Claude Monet.
 
Consultez la notice de cette œuvre sur le site du Musée d'Orsay et une page de la Mairie du XVIIe à Paris sur Fantin-Latour
Vous pouvez rapprocher L'Atelier des Batignolles du Coin de table, une autre peinture de Fantin-Latour présentant les musiciens de l'époque. Elles est présentée sur la page de la conférence "La petite musique de Verlaine".  
 

Auditoire

 Merci d'avoir participé nombreux à cette première conférence de 2009. 

Constance a réussi une belle synthèse très documentée pour nous aider à comprendre la naissance de l'élan impressionniste en liaison avec le contexte de l'époque de Napoléon III et des nouvelles avancées des recherches en photographie, jusqu'à son évolution vers le Néo-impressionnisme. L'iconographie remarquable et titrée avec précision participait à la réussite de cette intervention. 

   

  À lire :

  • Ramond Sylvie (dir.), Catalogue de l'exposition "Impressionnisme et naissance du cinématographe", Musée des Beaux-Arts, Lyon, 15 avril – 18 juillet 2005 ;
  • Georges Roque, Art et science de la couleur. Chevreul et les peintres. De Delacroix à l’abstraction, éd. Jacqueline Chambon, Nîmes, 1997.

  À cliquer :

  • Le 15 avril 1874, une trentaine de peintres exposent dans l'atelier du photographe Nadar, au 35, boulevard des Capucines. Consultez les œuvres recensées dans le catalogue de cette première exposition organisée par la "Société anonyme des artistes, peintres, sculpteurs, graveurs". Nadar soutenait ces peintres rejetés par la critique ;
  • Tout simplement l'article Impressionnisme de Wikipedia - l'Olympia de Manet s'y trouve - ou l'article sur le Pointillisme ou Néo-impressionnisme ;
  • Une page du CNRS sur les travaux de Chevreul ;
  • Sur un site didactique dédié à la lumière et à la couleur, une page à propos du cercle chromatique de Newton mène à une animation montrant la décomposition de la lumière par Newton que Descartes ne savait pas encore expliquer ;
  • De 1790 à 1823, Johann Gœthe écrit le Traité des couleurs en fondant sa théorie sur la polarité des couleurs. Il développe son système à partir du contraste naturel entre le clair et le foncé. Toujours sur le site Profil-Couleur.com : Gœthe et la théorie des couleurs opposées ;
  • Les expositions impressionnistes de 1874 à 1886 sur la Base Joconde ;
  • Le site du Musée d'Orsay, fabuleuse réserve de la peinture impressionniste et pointilliste.

Création de la page par Sabine Wetterwald le 21 décembre 2008,
  dernière modification le 16 janvier 2009
 
Le programme 2008-2009 : Lumières et couleurs du Nord, impressions et variations
Commentaires (1)add comment

Sabine, webmestre said:

...
smilies/cool.gif Si vous aimez la peinture impressionniste, je vous recommande l'exposition Émile Claus et la vie rurale au Musée des beaux-arts de Gand en Belgique. Elle se tient jusqu'au 21 juin 2009.
Principal protagoniste de l’impressionnisme belge, ce peintre peignait la campagne et la vie des villages. Ses plus belles œuvres sont mises en perspective avec celles d'autres artistes comme Constant Permeke, Constantin Meunier ou Théo Van Rysselberghe. Un superbe catalogue des éditions Mercator est sorti pour l'occasion.
Des peintures d'Émile Claus dans la base Wikimedia dont les fameuses Vaches traversant la Lys. Bonne visite...
Sabine
Post?e jeudi 28 mai 2009 | url

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