Sortie à Mons et Boussu sur les pas de Jacques Du Brœucq (1505-1584) - 15 photos de l'oeuvre du sculpteur Jacques Du Broeucq à la Collégiale Sainte-Waudru Imprimer Envoyer
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Sortie à Mons et Boussu sur les pas de Jacques Du Brœucq (1505-1584)
17 photos de la ville de Mons et de la Chapelle Saint-Georges
18 photos du Musée d'Arts décoratifs François Duesberg
15 photos de l'oeuvre du sculpteur Jacques Du Broeucq à la Collégiale Sainte-Waudru
9 photos prises à la Chapelle des Sires de Boussu près de Mons
6 photos prises autour des vestiges du Château de Boussu
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Le 23 septembre 2005, la collégiale Sainte-Waudru de Mons avec Jacques Du Brœucq, sculpteur, architecte, décorateur, ingénieur et urbaniste de la Renaissance (1505-1584)

Les images de cette page sont prises par Sabine Wetterwald. Si vous utilisez nos photos, merci d'indiquer le nom du photographe ou de mettre un lien vers notre site. Les commentaires sont de Monique Vyers et Sabine Wetterwald.

 

En 1534, Jacques Du Brœucq réalise un jubé pour la Collègiale. En voici une reconstitution grandeur natureLa collégiale Sainte-Waudru accueille l'un des trois hommages rendus par la ville de Mons à l'artiste.Revenant d'Italie, Jacques Du Brœucq est imprégné de l'art renaissant, de la redécouverte de l'esthétique et des idées de l'Antiquité.

L’ensemble de la décoration du jubé s’inscrit dans l’esprit humaniste et renaissant. Cette représentation des vertus constituait un phénomène assez nouveau dans l’art du Nord.

 

L’albâtre, en plus des tons chaleureux qu'il apporte aux personnages sculptés de sa main, permet à Jacques du Brœucq une plus grande facilité à créer le mouvement.

Cela se vérifie dans les sept rondes-bosses qui décoraient initialement le jubé, à savoir trois vertus théologales, La Foi, L’Espérance, La Charité et quatre vertus cardinales, La Tempérance, La Justice, La Prudence et La Force.
Habituellement ce type de sculptures est davantage statique, l’artiste essayant de rendre la solennité et le naturel imposant qui appartiennent nécessairement à ces vertus. Dubroeucq réussit à les adoucir, les humaniser et leur communiquer un sentiment de vie.

 

La Charité accueille les enfants

 

Charité est la francisation du latin caritas -atis, signifiant d'abord cherté, puis amour. C'est la traduction du mot grec agapê dans le Nouveau Testament.

Dans les œuvres d'art du Moyen Âge et de la Renaissance, les vertus sont généralement représentées sous les traits de femmes.

 

Leurs attributs respectifs peuvent être :

- pour La Foi, un livre contenant la doctrine chrétienne, un ostensoir contenant l'hostie consacrée ;

- pour L'Espérance, une ancre évoquant la fermeté dans la tempête, même invisible ;

- pour La Charité, les bras ouverts, des enfants accueillis ou nourris.

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Le bras de L’Espérance est gracieusement levé et tendu.
Il contraste avec la lourdeur de l’ancre posée à ses pieds qui entrave sa marche en avant.
La

La Foi tient dans la main droite l'Eucharistie, symbolisée par un calice surmonté d'une hostie.
Elle protège ainsi le sacrement de l'Eucharistie des agressions de l'Infidélité, figurée ici sous les traits d'un chien qu'elle piétine.

 

Le mors de la Les drapés sont traités de façon fluide

Du Brœucq anime cette ronde-bosse d'un contrapposto pour faire vibrer le marbre de la Tempérance.

En usage dès l'Antiquité, la position en contrapposto fut de règle dans toute la statuaire classique, de tendance idéaliste ou réaliste ; cette posture permet d'éviter le statisme de l'œuvre et contribue à faire vivre le personnage sculpté en donnant une impression d'équilibre dans le mouvement.

Drapés de la
Les traits impassibles et nobles du visage de la

La Force est représentée en déesse antique, portant un vêtement et des sandales classiques, avec comme attribut une colonne brisée.

Avec La Force Jacques Du Brœucq montre sa maîtrise des drapés et des ornements de l'Antiquité

Le christ bénissant

Le Christ porte un globe terrestre et fait un geste de bénédiction.

 

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Saint Barthélémy. Le guide nous explique que le sujet de cette sculpture a été imposé à l'artiste alors âgé, comme gage de son abjuration du protestantisme en souvenir du 24 août 1572, jour du massacre

de la Saint-Barthélemy, jour noir entre catholiques et protestants.  Nous restons prudents et prenons ce propos avec circonspection. Il est probablement du ressort de la légende.

'La Résurrection', Du Brœucq, 1547

 

Plus de vingt ans séparent l'exécution des sculptures et reliefs du jubé de celle de la ronde-bosse de Saint Barthélemy en 1572. Nous constatons l'évolution de l'art de Du Brœucq vers une esthétique "pré-baroque".

 

La Résurrection, 1547, est la seule œuvre montoise de Jacques Du Brœucq à être signée. Elle n'était initialement visible que par les dames du chapitre et autres rares personnes admises dans le chœur. Actuellement dans le bras nord du transept, c'est le plus grand relief conservé dans les anciens Pays-Bas. Le mouvement du Christ sortant du tombeau, et prenant appui, de façon très physique et humaine, pour s’élancer vers le ciel, est rendu visuellement encore plus miraculeux, par le fait que Jésus sort réellement du relief.

 

Les soldats sont terrorisés

Du Broeucq a joué avec la caractéristique principale de l'albâtre, qui apporte de la luminosité et de la transparence à ses oeuvres.

La
Plusieurs reliefs ont été réunis en un retable factice .
Ils sont certes dus à Du Brœucq, mais ne proviennent pas tous de la décoration du jubé.

 

 

La

 

 

 

Des animaux du monde entier célèbrent La Création, du lapin au porc-épic, du dromadaire au singe, que Du Brœucq a sculpté sans les avoir jamais vus. L'artiste utilise le format antique du tondo, remis à l'honneur au siècle précédent par les artistes-phares de la Renaissance italienne comme Vinci ou Michel-Ange.

Cette disposition concentrique lui permet d'organisation l'espace avec originalité pour donner une place prépondérante à l'Homme, nous rappellant en cela comme Du Broeucq s'inscrit dans le mouvement renaissant qui gagne la Flandre.

 

 

 


Nombreuses pierres tumulaires - épitaphes et mémoriaux

 

 

 

 

Notre attention est attirée par un relief plus ancien creusé dans le mur, dont l'auteur est Guillaume le Cat. C'est un taulet représentant Lancelot de Bertaimont, mort en 1418. Ce dernier, présenté par sainte Catherine, est figuré en armure, agenouillé et mains jointes, devant une Vierge à l'Enfant.