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Arras et la mort au Moyen Âge
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Quelques œuvres du Musée des Beaux-Arts d'Arras
L'idée et la représentation de la mort au Moyen-Âge


 
Nous vous demandons de ne pas utiliser les photos de cette page à des fins commerciales. Les quatre premières images de cette page ont été mises à notre disposition par le Musée des Beaux-Arts d'Arras.

 



Anges dits de Saudemont, dernier tiers du XIIIe, cliché Maertens


L'élégant déhanchement, la silhouette élancée, l'expression de sérénité qui se dégage des visages, font de ces anges des joyaux du Musée. Ces Anges de Saudemont sont en bois polychrome avec des traces de dorure et d'argenture. De la région d'Artois, ils datent du dernier tiers du XIIIe siècle, et faisaient probablement partie de l'entourage du maître-autel de l'ancienne cathédrale Notre-Dame-en-Cité d'Arras.

Leur redécouverte en 1958 s'est faite dans la petite chapelle de Jésus flagellé à Saudemont.

Ils appartenaient vraisemblablement à une série de six à sept anges qui portaient sur leur poing, voilé en signe de révérence, un des instruments de la Passion. L'attitude cambrée, le visage expressif au fin sourire évoquent la sculpture en pierre de L'Ange au Sourire de la cathédrale de Reims.

Si vous voulez juger par vous-même de cette ressemblance, ouvrez cette page ou celle-ci.



Saint Vaast apprivoisant l'ours, cliché Thériez


Dans un décor annonçant les tapisseries mille-fleurs, où les lapins s'ébrouent dans le paysage, saint Vaast dompte l'ours qu'il a trouvé dans les ruines de l'église d'Arras autour des années 500. Arras est célèbre depuis l'Antiquité pour la qualité de ses fils et de ses teintures. La technique de la tapisserie de haute lisse commence à Arras ou Paris dès la fin du XIIIe siècle. Les commandes passées aux ateliers arrageois par les ducs de Bourgogne contribuent à faire de la ville une plaque tournante de la tapisserie au XIVe siècle. Ce fragment d'une pièce plus complète relatait probablement l'histoire de saint Vaast, à l'instar d'une bande dessinée.

Nous vous proposons de voir le même thème illustrant la vie du saint dans un vitrail de l'église Saint-Vaast de Lynde visitée en octobre 2003.


La visite du musée diocésain intégré dans le musée d'Arras nous enchante. Nous y trouvons de splendides pièces d'orfèvrerie, des reliquaires, des sculptures médiévales. Nous sommes particulièrement sensibles à la Châsse dite de la Sainte-Manne réalisée avant 1452. Aurélie Vilcocq, l'une des adhérentes de l'Association, a fait une recherche sur ce chef d'œuvre qui abrita un temps une partie du corps de saint Vaast, dans le cadre d'un mémoire pour son Master d'Histoire de l'Art à Lille3.

Nous apprécions également une œuvre anonyme, le triptyque du Miracle de la Sainte-Chandelle et les deux triptyques de Jean Bellegambe.



Jean Bellegambe, L'Adoration de l'Enfant Jésus, 1528, cliché Maertens


Celui de L'Adoration de l'Enfant Jésus, représenté ici, est peint à l'huile sur bois en 1528 pour l'abbé de Saint-Vaast, Martin Asset. Le commanditaire s'est d'ailleurs fait portraité en roi agenouillé près de Marie. La Vierge reçoit une coupe en or du roi prosterné à ses pieds. A gauche, le prophète Isaïe désigne l'Enfant et le cartouche dans lequel la prophétie est inscrite en latin : " Voici qu'une Vierge concevra et elle enfantera un fils et il sera appelé Emmanuel " . À droite, la sibylle de Samos porte le petit berceau et un ange prépare le panier de layette. Son cartel déclare : " Un enfant naîtra d'une Vierge et les animaux terrestres l'adoreront ". Consultez la page dédiée à la conférence " Jean Bellegambe "  donnée en février 2005.



Transi de Guillaume Lefranchois, après 1446, cliché Musée des Beaux-Arts d'Arras.

Nous sommes stupéfaits devant cette composition funéraire, ou plutôt devant cette décomposition... La dégradation du cadavre de Guillaume Lefranchois est en cours et des vers grouillants sortent de son ventre fendu. Sur une natte tressée, symbole de repentir, il est étendu avec un phylactère enroulé à ses pieds et le long de son corps. L'inscription nous apprend qu'il s'agit de Maître Guillaume Lefranchois, docteur en médecine et théologien, trépassé le 6 octobre 1446. Il clame dans un phylactère l'espérance en son salut. Les jambes croisées accentuent la raideur du corps. On peut penser que la profession du défunt - il est médecin - n'est pas étrangère au réalisme rare du cadavre : il sait de quoi est fait le corps.

Visitez le sujet sur les transis ouvert sur notre forum.

Vous pouvez comparer dans une nouvelle fenêtre le transi de Guillaume Lefranchois à L'homme aux moulons, un transi que nous avons découvert en septembre 2005 à la Chapelle des Seigneurs de Boussu près de Mons en Belgique.


 Transi en pierre

Ce transi repose sur une natte dont le haut roulé lui sert d'oreiller. Cette fois le cadavre en relief sculpté sur pierre n'a plus du tout de peau sur les os et nous avons vue sur l'intérieur de sa cage thoracique.

Ci-dessous, la stèle du chanoine Robert Le Roy, mort en 1421, était adossée à un pilier de la cathédrale Notre-Dame-en-Cité d'Arras, qui fut détruite en 1805. Ce monument funéraire dans une composition en diptyque est caractéristique du courant gothique international des années 1380-1420.

Le tombeau vertical ou mural réapparaît dans la seconde moitié du XIVe siècle après avoir été oublié au Moyen-Âge. Un nouveau type de scène apparaît alors sur ces dalles : le priant, personnage agenouillé, s'adresse à un saint ou une sainte. Ici, le chanoine Robert Le Roy agenouillé est présenté à Marie par son saint patron.

Le priant a déroulé un phylactère avec une prière à Marie. L'épitaphe demande le salut de l'âme de Robert Le Roy trépassé le 29 octobre 1421.


 Stèle du chanoine Robert Le Roy, mort en 1421

La Vierge à la haute couronne est humanisée et gracieuse. Les plis de son vêtement sont amples et nombreux. Les visages sont naïfs, d'un style caractéristique des ateliers tournaisiens.

La pierre noire de Tournai a été abondamment utilisée pour la fabrication de dalles funéraires.

Comparez cette dalle funéraire à celle que nous avons vue en octobre 2003 lors de notre visite à l'église Saint-Vaast de Lynde, le relief commémoratif de François de Mammez, et observez les similitudes entre les deux stèles funéraires.


L'ange d'Imbert     Le second ange face à l'ange Imbert

Ces deux anges gracieux présentent des similitudes avec les anges de Saudemont. L'un d'eux est l'ange d'Imbert. Le second a été trouvé dans une tranchée près d'Abbeville. Pour avoir une idée plus précise de notre visite au musée d'Arras sur le thème de La mort au Moyen Àge et de la visite du Trésor de la cathédrale au musée diocésain, nous vous invitons à lire ou relire les paragraphes VI et VII du compte-rendu détaillé rédigé par Monique Vyers, mis en ligne sur la page 1 d'Arras.

   

ibliographie :

 

  • Annick Notter et Guillaume Ambroise, Le musée des Beaux-Arts d'Arras, catalogue, Ludion et RMN, collection Musées et monuments de France, 1998, Bibl. Conv.
  • Annick Notter (dir.), Fragments d'une splendeur, Arras à la fin du Moyen-Age, catalogue d'exposition, 2000, Bibl. Conv. 
  • Dossier enseignant n°4, La mort au Moyen-Âge, Musée des Beaux-Arts d'Arras


    

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